Soirée 3 des Visas pour la foi

25 Fév 2015

Vous vouliez collecter toutes les questions qui étaient posées dans les ateliers de la troisième soirée des Visas pour la foi (mercredi 25 février 2015). Les voici, en plus de la synopse du texte, tout en bas de cette page, téléchargeable en PDF :

Historico-critique (Seb)
La méthode historico-critique est une étude savante du texte. Elle vise à le remettre dans son contexte pour mieux en saisir la pertinence et ne pas prendre le texte « tel qu’il vient » dans une lecture trop littéraliste. Elle permet l’étude des personnages, des lieux, du fait religieux à l’époque, etc.
Questions :
1. Quel est les contexte de la Décapole ? Quel était le statut de la maladie psychique ou de la possession à l’époque ? Comment cela se traduit-il dans le texte ?
2. Chez Matthieu, il y a deux hommes, chez Marc et Luc un seul. Qu’est-ce que cela change ? Cela signifie-t-il qu’un des textes fait une erreur du point de vue de l’historicité du texte ?
3. La théorie des Sources fait de Marc l’Evangile racine pour Luc et Matthieu. En quoi est-ce que cette théorie est remise en cause par ces trois versions du texte ?
4. Où sont situés ces trois passages dans les trois évangiles ? Quel est le sens surajouté par le fait que tel ou tel événement précède ou suive ce récit ?
5. Comment s’interpénètrent les plans individuel (physique, psychique, spirituel), social, économique, politique, religieux dans cette histoire pour cet homme et toute la région de la Décapole ?

Structuralisme (Vera)
Le structuralisme étudie l’architecture du texte (tandis que la narratologie s’intéresse à la dynamique du texte). Il permet l’étude des personnages, des temps, des lieux, et la façon dont le récit est structuré pour renforcer le sens, le projet de l’auteur. Cette étude est intéressante dans le cadre d’un récit synoptique comme c’est le cas pour la libération de l’esprit de Légion à Gadara.
Questions :
1. Habituellement Marc est l’Evangile-source pour Matthieu et Luc. Pourquoi Matthieu structure-t-il différemment son propos ?
2. Chez Matthieu, quelle est l’identité de Jésus qui est découverte par la parole des démons ?
3. Quelles différences majeures de structure faites-vous entre les deux récits très similaires de Marc et Luc ?
4. Chez Marc et Luc, quels sont les principaux temps du récit ? Les espaces différents ?
5. Qu’est-ce qu’il vous semble « manquer » dans le récit de Matthieu ? Quel sens produit ce manque ?

Allégorie (Hanitra)
La lecture allégorique ou la lecture typologique sont des lectures qui donnent une part importante à l’interprétation, en cherchant la façon dont le texte pourrait nous parler d’autre chose que ce dont il parle vraiment. Ce n’est pas forcément une lecture mystique pour autant. Par la lecture allégorique, on cherchera volontiers à voir, comme on le fait pour une parabole, ce que ces différents personnages peuvent évoquer dans le temps présent s’ils n’étaient que la figure d’autre chose. Pour une lecture typologique, il s’agit de trouver des figures permanentes et transversales dans le récit (comme quand nous voyons Christ figuré par le Premier Testament par exemple).
Questions :
1. Que représente le possédé (ou les possédés) dans ce récit ? Que figure-t-il ? En face, que figure Jésus ? et les démons ? et les derniers personnages, les cochons ?
2. Que figurent les différents lieux ?
3. Comment s’articulent les rapports de la mort et la vie dans ce récit ?
4. Quel est le rapport entre Dieu et le Fils de Dieu (le Père et Jésus) dans ce qui est évoqué dans le texte ?
5. Quelles sont les différences induites par le fait qu’il y ait deux personnages et un récit condensé chez Matthieu ?

Post-coloniale, lecture idéologique (Gilles)
Une lecture idéologique prend un prisme d’interprétation philosophique ou moral et contraint le texte à y entrer. Nous adoptons tous cette attitude avec nos choix pré-établis. Le faire consciemment nous permet de prendre du recul pour les temps où nous ne le faisons pas consciemment. Une lecture post-coloniale fait jouer la question des rapports de domination, de force et d’influence entre les personnes ou les peuples, les institutions et les puissance.
Questions :
1. Qui sont les forces en présence (trouvez-en au moins 7, mais il y en a 8) ?
2. Quels sont les jeux de pouvoirs dans l’homme possédé ?
3. Comment s’articule le pouvoir de Jésus dans les paroles, les actes, les négociations ? Notamment à la fin, lors de son départ.
4. Qu’est-ce qui définit la normalité. Quelle demeure l’influence de la Légion sur le peuple de la Décapole ?
5.  Avez-vous réalisé que l’homme délivré est le premier apôtre (envoyé par Jésus en mission) ? Que se passera-t-il sur place quelques chapitres plus tard ?

Narratologie (Caroline)
La narratologie étudie la dynamique du texte (là où le structuralisme étudie l’architecture du texte). Comment l’auteur rejoint l’auditeur en installant la fluidité ou les ruptures dans le fil du récit ?
Questions :
1. Quelles différences faites-vous dans la prise de parole de l’esprit mauvais, selon les trois versions. Quelle conséquence pour le récit et la représentation des personnages ? (Attention, réaction première + demande au sujet des cochons)
2. Comment fonctionnent les jeux d’autorité, permission, d’ordre dans le récit ?
3. Comment se déploie l’opposition des descriptions du démoniaque, avant et après sa délivrance ?
4. Quel jeu littéraire se met en place entre l’expulsion des démons de cet homme, et l’expulsion de Jésus par le pouvoir politique et économique de la Décapole ?
5. Comment analysez-vous la ressemblance entre la demande des démons à Jésus, puis, à la fin du récit, la demande de l’homme libéré à Jésus.

Lectio divina (Mialy)
La Lectio divina est une expression latine (lecture divine) qui fait référence à une méthode de prière développée dans la tradition monastique occidentale. Partant de la lecture d’un texte à caractère spirituel de la Bible [Lectio] elle se prolonge dans la réflexion sur ce même texte [Meditatio], se poursuit par un dialogue avec Dieu [Oratio] se terminant par une écoute silencieuse de Dieu [contemplatio].
Questions
0. Introduction — 1 min
1. Lectio – lecture de Luc — 3 min
2. Meditatio — 3 min
3. Oratio — 3 min
4. Contemplatio — 3 min
5. Conclusion — ta synthèse, en mode encouragement — 1 min

Psychanalytique (Sidney)
La lecture psychologique ou psychanalytique fait droit aux jeux relationnels qui se mettent en place dans les récits narratifs faisant intervenir des personnages avec leur psychè, en relation les uns avec les autres. Elle donne une part importante à l’interprétation, car les sujets ne sont plus là pour témoigner et donc elle prend le risque – conscient – de la projection. Il ne s’agit pas de « psychanalyser » Jésus de force et a posteriori. Il s’agit plutôt de sentir les interactions, ce qui se dit du désir dans le langage, etc.
Questions :
1. Quelle est la part d’une parole psychique dans le discours du démoniaque ? Quelle est la part du démon en soi ? Quelles variantes entre les trois versions ?
2. Dans la demande d’aller dans les cochons comment se positionnent les démons par rapport à Jésus ? Quelle type de figure de Jésus est créée par cette formulation. Quel est son statut ? Comment sa parole se positionne-t-elle ?
3. Quelle est la variation du profil psychique du malade, avant et après l’intervention de Jésus ? Et comment cela se manifeste-t-il ?
4. Pourquoi Matthieu parle-t-il de deux hommes et Marc et Luc d’un seul ?
5. En quoi pourrait-il s’agir d’une dissociation grave ? Comment peut s’expliquer cette guérison ? Pourquoi la consigne finale de ne pas suivre Jésus ? (contrairement aux consignes habituelles du rabbin de Nazareth)

Téléchargez la synopse du texte