Et moi, comment je lis la Bible ?
Il y a autant de façons de lire la Bible que de chrétiens, et chacun d’entre nous mélange sans doute aussi plusieurs types de lectures. I
l y a ceux qui la lisent lorsqu’ils se rendent dans une activité d’Église et ceux qui le font tous les jours.
Ceux qui la lisent dans un livre, et ceux qui le font sur leur téléphone. Il y a même ceux qui la lisent en l’écoutant, par exemple avec Ecouter la Bible Ensemble ! Ceux qui la lisent tout seul, et ceux qui la lisent en groupe, pourquoi pas en Miniglise ? ou en famille. Ceux qui la méditent par versets, et ceux qui lisent plusieurs chapitres d’un seul coup. Ceux qui laissent l’inspiration les guider, quitte à ouvrir leur Bible au hasard, et ceux qui suivent scrupuleusement un plan imposé. Ceux qui ne prennent que le texte, et ceux qui y ajoutent la lecture ou l’écoute d’un commentaire. Ceux pour qui « lire » signifie simplement se mettre à l’écoute du texte, et ceux pour qui cela signifie en discuter, le comprendre voire le décortiquer…
| Mais deux choses sont certaines : nous lisons de moins en moins la Bible, et quand nous le faisons c’est toujours avec « une paire de lunettes » particulière. |
Un sondage paru fin janvier nous informe que les protestants, tous courants confondus, ne sont plus que 20 % à lire la Bible au moins une fois par semaine (34 % en 2010) et 33 % assument ne jamais l’ouvrir (24 % en 2010). C’est que lire la Bible n’est jamais facile et requiert de la volonté et de la discipline – au premier sens du terme, s’appliquer à avoir une vie de disciple. Et il est vrai d’une part que globalement on lit de moins en moins dans notre société abreuvée d’images, et de l’autre que c’est un livre ancien, ancré dans une culture bien loin de la nôtre que nous avons besoin de découvrir pour comprendre.
Enfin, il n’y a pas de façon de lire la Bible qui soit neutre. On la lit avec notre foi et nos questions, nos (in)compréhensions pré existantes et ce que nous sommes prêts à entendre, ou pas. Ainsi le « hasard » risque de nous faire toujours revenir aux mêmes textes connus et appréciés, ou à ceux sur lesquels nous buttons. Au fil des siècles, les chrétiens ont tenté de corriger ce défaut en proposant par exemple des listes de textes pour les prédications du dimanche (appelées « lectionnaires »), qui permettent à la fois d’avoir une vue d’ensemble et de construire une certaine cohérence théologique, jamais neutre elle non plus. Sur ce point, je ne peux que vous conseiller le livre à paraître du pasteur Gilles Boucomont.
Mais dans tous les cas, et quelle que soit la réponse, la question est toujours intéressante à poser : quand je lis la Bible, quels sont mes présupposés, ces « lunettes » que je porte sur le nez parfois sans même m’en rendre compte ?
Anne
