Pourquoi relire les textes bibliques que l’on connaît déjà ? 

Ce dimanche avec les enfants, nous allons raconter l’histoire de Noé. Encore ! Les enfants aiment qu’on leur raconte des histoires qu’ils connaissent déjà : ils reconnaissent des personnages, attendent certains rebondissements, et découvrent toujours aussi quelque chose de nouveau. Est-ce pour les mêmes raisons que nous aussi relisons toujours ce même livre qu’est la Bible ? Peut-être… Jésus dit bien que “le Royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent” (Mt 19,14). Nous aussi avons besoin d’être rassurés et de découvrir du nouveau en même temps. De revenir régulièrement à la source pour goûter si l’eau y est toujours aussi fraîche. Lire et relire, sans se lasser, c’est creuser plus profond, se laisser surprendre et déplacer. C’est faire avec d’autres le chemin déjà parcouru en solitaire et découvrir des aspects ignorés du paysage, c’est oser des chemins de traverse et savoir aussi que les compagnons et Dieu présent par son saint-esprit feront de chaque voyage une aventure unique. 

Cette année pour redémarrer en Miniglises (à partir du 5 octobre) nous vous proposons de (re)lire des textes très connus, peut-être trop, pour retrouver cette saveur du chemin renouvelé en compagnie des frères et sœurs. Mais c’est aussi une invitation qui vaut pour chacun et pour chaque dimanche. 

Et pour terminer, je partage un texte qui m’a souvent encouragée sur ce chemin de la lecture qui vivifie ma foi : 

“Il y a un feu dans la Bible. Et il adorerait jeter une flambée sur des lecteurs attentionnés. Mais les buissons ardents ne sont plus si visibles de nos jours. Et la plainte du feu enfermé dans nos bibles n’est pas audible pour le consommateur pressé. (…) Le Seigneur lui-même en vint à s’inquiéter : « La Bible, passe encore, je peux la refaire. Mais qui vais-je envoyer pour ranimer mon feu sur la terre ? » se demandait-il. (…) Alors Dieu souffla sur les braises. Il suscita de plus en plus de questions chez de plus en plus de gens. Il donna à tous un cœur d’enfant capable de poser les questions de la vie au vieux livre. Les Bibles jubilaient d’être à nouveau tâchées, écornées, frottées, usées, malmenées et jetées dans le feu des discussions. Dieu se réjouit de voir son feu retrouver toute sa vigueur. Et il s’exclama : « Enfin, ma parole fait parler ! »
Ceci est un encouragement à laisser se déclarer la flamme dans vos bibles. Une fois libéré, ce feu-là n’est pas maîtrisable. Il n’est pas seulement doux foyer ou romantique feu de camp, il peut aussi être flamboiement et brûlure de la vérité. Car il jette une lueur si nouvelle sur les anciens paysages que l’ardeur de cette aurore mérite que l’on fasse feu de tout bois.” *

Anne Faisandier, pasteure

* Élisabeth Parmentier, « Préface », dans L’Écriture vive. Interprétations chrétiennes de la Bible, Genève, Labor et Fides, 2004.