Des cultes différents

Heureux êtes-vous, vos yeux voient et vos oreilles entendent ! 

Ce verset (Matthieu 13,16) et ceux qui l’entourent ont guidé notre dernier dimanche. C’était une façon pour nous d’entrer dans la nouvelle année scolaire non pas en “nous en mettant plein les yeux et les oreilles” de projets et d’activités à venir, mais en fixant nos regards et notre écoute sur Dieu déjà présent et à l’œuvre au milieu de nous. Voici un petit florilège de ce qui a été vécu pour le partager largement et que chacun glane une part du trésor partagé et recueilli pour continuer sa route. 

La première chose qui saute aux yeux et aux oreilles, c’est d’abord l’action de grâce qui est montée de vos bouches : “merci de nous permettre de voir et d’entendre une Bonne nouvelle malgré le brouhaha du mal”, “merci pour tout ce que Tu as créé Seigneur et qui est bon”, “merci pour Ton Saint-Esprit qui nous restaure, pour Ta Parole qui nous rafraîchit, pour Ton amour qui nous donne la Vie en abondance”, “merci pour tous ces visages différents qui disent que la diversité est une bonne nouvelle”,
“c’était vraiment génial”, “il s’est vraiment passé des choses pendant ce culte”, “je n’étais jamais venu avant mais j’ai tout de suite trouvé ma place”, “merci pour la créativité et la confiance”.

Vous avez été marqués par l’expérience du silence et du vide : “il est bon de se taire pour que cesse le bruit du monde et de fermer les yeux pour ne plus être aveuglés par son agitation”, “le silence et l’inactivité, cette offrande simple que nous pouvons donner à Dieu pour lui faire une place”, “dans ce silence mon cri s’élève : Seigneur pourquoi cette galère ? Je rame et j’ai besoin de Toi !”,  “au milieu du tumulte : silence, Je Suis”, “le monde est dans la nuit et ne voit pas Dieu ni ne l’entend, mais il a choisi de n’avoir pas d’autres porte-lampe que nous qui brillons de Sa lumière”. 

Vous avez mis des mots sur la Bonne Nouvelle entendue et vue :  “l’aveuglement du cœur est une maladie dont Dieu peut nous guérir”, “naître avec, co-naître, en découvrant les mystères du Règne des cieux est une grâce”, “tu es un Dieu bon, patient, aimant, pardonnant”, “Dieu est partout autour de nous, il suffit d’ouvrir les oreilles pour l’entendre et les yeux pour le voir”, “Seigneur merci de répéter avec patience jusqu’à ce que nous puissions entendre, et merci de ce que tu as accompli dans ma vie”, “merci d’être en communion avec nous par le Christ, nous attendons ton règne dans la foi« .

Et enfin, comme une note de fond, la joie transparaît : “et maintenant Seigneur ouvre nos bouches pour que nous partagions ta bonne nouvelle !”, “que nos yeux et nos oreilles guéris portent l’espérance au monde”, “quelle aventure de vivre avec Toi Seigneur ! Je n’ai pas assez de mots pour te remercier”, “cette communauté qui ose nous bousculer j’adore”. 

Et puis bien sûr, nous n’oublions pas ceux et celles qui ont été dérangés par la configuration inhabituelle du lieu comme du déroulement : “si j’avais su, je ne me serais pas assise à côté de mon collègue !”, “alors maintenant le Marais devient une paroisse expérimentale ?!”, “j’espère que si cela recommence nous serons prévenus !”, et puis d’autres. Alors nous voulons vous rassurer : non, il ne s’agit pas de “changer les cultes” tous les dimanches, et oui vous serez prévenus, comme cela avait été le cas d’ailleurs puisque un “culte différent” avait été annoncé. Nous avons tous dû surmonter ce sentiment désagréable de déstabilisation qui surgit devant l’inconnu non maîtrisé, y compris en préparant. Et en même temps, il nous a semblé que cela faisait partie de l’expérience qui décale pour mieux s’attendre à Dieu, qui agit rarement comme nous avons prévu qu’il le fasse. Comment mieux nous préparer à sa venue qu’en créant un espace d’incertitude où il peut nous rejoindre ? Et en tout cas, c’est certain même si ce n’était pas l’objectif premier, nous serons tous heureux de retrouver nos habitudes cultuelles, et nous les goûterons d’autant mieux que nous les savons dorénavant non immuables. 

Anne et Olivier