Apocalypse, Ce que l’Esprit dit aux Eglises – Février 2024

L’Apocalypse ! Rien que le mot fait peur ! Pour beaucoup de nos contemporains, cela sonne comme « catastrophe », « désolation », « destruction » … Bref de quoi faire fuir !

Pourtant, le mot veut « seulement » dire : « Révélation ». Bien sûr, une révélation n’est pas toujours quelque chose d’agréable, surtout quand il s’agit de dévoiler un fait ou une vérité qui avait été dissimulée pour ne surtout pas être montrée ! Mais c’est aussi une source de soulagement, d’encouragement, car cela vient montrer une direction, nous indiquer un sens, qu’on avait peut-être perdu de vue ou auquel on n’avait jamais pensé avant.

Les chapitres deux et trois de ce livre illustrent tout à fait ces deux aspects du mot apocalypse-révélation. Ils compilent les paroles que Jésus, par son Esprit, est venu demander à Jean de transmettre à sept Eglises du bassin méditerranéen. Plusieurs d’entre elles nous sont aujourd’hui pour ainsi dire inconnues, mais le message qui leur est adressé demeure d’une grande pertinence pour nos communautés d’aujourd’hui, dans les temps plus que troublés que nous traversons. Ces révélations sonnent comme un réveil qui vient secouer quelqu’un d’endormi ou menacé de s’endormir. Est-ce que cela aura le même effet sur nous ?

 

SEMAINE 1 : DANS LA REPENTANCE, APOCALYPSE 3.1-6

VERSET CLE !   « Que celui qui a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit aux Eglises ». (Apocalypse 3 : 6)

QUESTION BÊTE MAIS PAS SI BÊTE ! Vivez-vous une relation vivante avec le Seigneur en ce moment ? Comment va votre prière ?

MERCI ! Seigneur, pour tous les moments où tu nous as relevé après des périodes difficiles, et où nous avons pu nous rendre compte que tu étais là, même au cœur de l’épreuve.

BIBLE !  Lire Apocalypse 1 puis 3. 1-6

  1. Pourquoi Jean se trouve-t-il là où il est ?
  2. Comment comprenez-vous et que ressentez-vous à la lecture des versets 4-5, 7-8 et 17-18 (Apocalypse 1) ? Pourquoi Jésus se révèle-t-il d’une façon aussi frappante ?
  3. Quels sont les reproches adressés à l’Eglise de Sardes ? Est-ce qu’il y a des résonances avec votre vie chrétienne ?
  4. Malgré la très forte impression que cette vision a eu sur Jean, y a-t-il dans le texte des éléments concernant Jésus qui vous touchent positivement, qui sont une bonne nouvelle pour vous ?

PRIONS ! Seigneur Jésus, à la suite de Jean, nous voulons te reconnaître comme notre Seigneur, le Premier et le Dernier. Donne-nous, même à travers l’épreuve, de recevoir de toi la bonne nouvelle de ta maîtrise de tous les événements de nos vies. Amen.

LA RÉFLEXION ! 

Le contexte de rédaction de l’Apocalypse est un contexte de persécution pour l’Eglise (verset 9). Ce type de contexte peut nous sembler étranger à nos préoccupations et donc nous laisser penser que ce livre n’a rien à nous dire. Pourtant les trois premiers chapitres peuvent nous concerner directement. En effet, outre la persécution, l’adversaire a plein de manières de mettre à mal la vie de l’Evangile parmi les chrétiens. L’un de ces moyens est l’endormissement, du fait du confort ou de trop grandes certitudes. C’est pourquoi, Dieu suscite régulièrement des réveils parmi les chrétiens.

Qu’est-ce qu’un réveil ? Le passage du sommeil à l’état de veille ; le fait de reprendre une activité (après un temps de « sommeil ») ;  le fait de revenir à la réalité (après un beau rêve) – Dictionnaire

Dans le Nouveau Testament, on trouve essentiellement des églises naissantes (car l’église du Christ est en train de naître), mais aussi des Eglises déjà en train de s’endormir ou de mourir (parallèle entre sommeil et mort) et à qui on adresse un appel à se réveiller. Or le danger de s’endormir arrive quasiment dès après la naissance et c’est dangereux pour l’Église. C’est pour cela que Jésus nous appelle à la vigilance. Pour chaque croyant, l’entrée dans la foi peut être considérée comme un « Réveil », du passage d’un état d’ignorance ou d’inconscience à un état de plus grande lucidité (cf Jean 9,39-41 ou Eph 5,14). Mais le danger d’endormissement/de mort nous guette tous.

A la fin de chacune des lettres que Jésus lance aux 7 Eglises dans le livre de l’Apocalypse (chapitres 2 et 3), il y a cette formule : « Que celui qui a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit aux Eglises ». Une Eglise est réveillée quand elle écoute ce que le Saint Esprit de Dieu lui dit. Et le premier signe de l’action de l’Esprit Saint dans la vie d’une personne ou d’une communauté, c’est la repentance.

Une Eglise est réveillée dans la repentance. La première Eglise est née dans la repentance, quand le Ressuscité est venu auprès des onze leur reprocher leur incrédulité quant à sa résurrection. Les onze avaient le message. Ils avaient fait des choses, vu des miracles. Ils avaient même affirmé qu’ils avaient tout compris de qui était Jésus (Jean 17). Mais il leur manquait une foi vivante attachée à l’expérience de la présence du ressuscité. Le Christ est venu les faire se repentir de cela, et alors l’Esprit Saint a pu descendre sur eux. Sur les sept Eglises auxquelles Jésus s’adresse dans le livre de l’Apocalypse, il y en a 5 qui doivent se repentir, mais c’est surtout le cas de l’Eglise de Sardes (3. 1-6).

Pour être réveillée, l’Eglise doit se repentir de s’être endormie, ou d’avoir vécu jusqu’ici dans l’inconscience de certaines réalités de foi. Elle se repent de sa désobéissance et cela vient de sa prière, pas d’une réflexion ou d’une introspection, ou d’une série d’études sur sa situation sociologique.

Y a-t-il des choses dont nous devons nous repentir ensemble en tant qu’Eglise, en tant que mini, en tant que chrétiens ?

 

SEMAINE 2 : DANS LA VÉRITÉ APOCALYPSE 2. 12-17

VERSET CLE ! « Repens-toi donc, sinon je viendrai bientôt à toi et je les combattrai avec l’épée de ma bouche. » (Apocalypse 2 :16)

QUESTION BÊTE MAIS PAS SI BÊTE ! Vous avez sans doute connu des moments où vous avez remis en question les affirmations de la foi chrétienne. A quoi cela était-il dû, d’après vous ?

MERCI ! Seigneur, pour ton Saint Esprit qui nous aide à persévérer même quand nous sommes assaillis de questions et de remises en cause de notre foi.

BIBLE ! Lire Apocalypse 2. 12-17

  1. Quels sont les reproches faits à l’Église de Pergame ?
  2. De quoi cette Église est-elle menacée par Jésus ?
  3. Qu’est-il promis au « vainqueur » ?
  4. Quelles sont les vérités bibliques sur lesquelles vous pensez qu’il faut rester ferme, en tant que chrétien, et en tant qu’Église ?

PRIONS ! Seigneur Jésus, viens nous aider à garder clairement à l’esprit les vérités qui te concernent. Aide-nous à les vivre, autant sinon plus qu’à les comprendre. Car c’est grâce à elles que nous recevrons toujours plus profondément notre identité véritable. Amen.

LA RÉFLEXION !

Éléments de vocabulaire

Ange : être spirituel, porteur d’un ou plusieurs messages ou fonctions de la part de Dieu. Ici, l’ange désigne sans doute l’essence spirituelle de chaque église, faisant l’interface entre la communauté et Dieu.

Pergame : capitale de l’Asie Mineure, centre culturel et religieux très important de la civilisation grecque et orientale. Cette ville cristallise le conflit entre la Révélation et la civilisation païenne.

Celui qui a l’épée à deux tranchants : cette expression désigne Christ ! L’épée, c’est la Parole de Christ, la Parole de vérité, qui combat le mensonge.

Le trône de satan fait sans doute référence à l’autel du dieu païen Zeus ou au culte d’Esculape (dieu païen de la guérison), qui attirait beaucoup de gens à Pergame.

Antipas : évêque de Pergame, martyrisé sans doute en l’an 83.

La doctrine de Balaam fait référence au personnage de Balaam (Nombres 22-24) qui, tout en essayant de servir Dieu, cherchait surtout à satisfaire ses propres intérêts – opposés à ceux de Dieu. Or, Dieu s’attend à ce que nous lui obéissions pleinement, de tout notre cœur. 

La doctrine des Nicolaïtes est identifiée à celle de Balaam. 

La manne est la nourriture que les Israélites ont reçue pendant tout leur voyage à travers le désert avant d’arriver en Terre Promise.

 

Éléments de réflexion

La foi chrétienne est le fondement de notre identité, mais elle est tout sauf une évidence ! Croire que Dieu est venu jusqu’à nous en un être humain, qu’il est “un en trois personnes”, que Jésus était à la fois vraiment homme et vraiment Dieu, et qu’il est mort pour nos péchés et ressuscité pour que nous soyons considérés par Dieu comme ses enfants, tout cela n’est pas si facile à intégrer…

Il y a donc un réel danger de chercher à adapter la foi chrétienne aux idées, aux modes, aux codes du moment. Dès les débuts du christianisme, ce problème s’est posé aux chrétiens, comme nous le voyons cette semaine avec la Lettre à l’ange de l’Église de Pergame.

Avant d’être une série de concepts à comprendre, les affirmations fondamentales du christianisme sont des vérités à vivre qui entraînent des conséquences dans notre façon d’être de chaque jour. 

La remise en question de ces vérités ne constitue pas un problème moral, mais elle nous ferait tout simplement quitter le christianisme. La sévérité des paroles reçues ici par Jean est à la mesure de l’enjeu : on ne doit pas transiger avec le cœur de la foi chrétienne, sinon les conséquences pratiques pourraient s’avérer désastreuses pour les individus comme pour la communauté.

L’Église de Pergame est d’abord félicitée pour sa fidélité au Nom de Christ. Ce qui tient une Église ferme dans sa foi, c’est son rapport à la vérité de cette foi, vérité qui est l’être même de Jésus (« Je suis le chemin, la vérité et la vie »). 

Une Église vivante est une Église qui sait dire non aux discours qui déforment la vérité qu’est Christ en tentant de l’adapter aux idées du moment. Une Église reste éveillée quand elle est à l’écoute de son Seigneur pour parler au monde et l’appeler au repentir. Trop souvent aujourd’hui, on inverse carrément les termes en voulant nous convaincre que l’Église doit écouter le monde pour parler au Seigneur et l’appeler à se repentir, lui, le Seigneur !!! 

Une Église éveillée, qui est à l’écoute de son Seigneur pour parler au monde et l’appeler au repentir, c’est une Église pour laquelle l’évangélisation reste le cœur de sa mission.

Évangéliser, ce n’est pas faire la leçon, mais témoigner, de toutes les manières possibles, et par là même amener à la repentance, laquelle prépare à la conversion. Conversion à l’Éternel, notre Dieu, et non aux modes éphémères du monde.

 

SEMAINE 3 : SE RÉVEILLER DANS L’AMOUR Apocalypse 2.1-7

VERSET CLÉ ! « Mais ce que j’ai contre toi, c’est que tu as abandonné ton premier amour. » (Apocalypse 2 : 4)

QUESTION BÊTE MAIS PAS SI BÊTE ! Avez-vous une routine de prière avec Dieu ? Si oui, laquelle ?

MERCI ! Seigneur, merci de t’être révélé à chacun de nous en Jésus-Christ, et de nous avoir fait changer d’attitude dans bien des domaines. Aide-nous à garder, vivant et joyeux, le souvenir de ce que tu as accompli dans nos vies !

BIBLE ! Lire Apocalypse 2.1-7

  1. De quoi Jésus félicite-t-il l’Église d’Éphèse au début de son message ?
  2. Quels sont les reproches qui lui sont faits ensuite ?
  3. Qu’est-il promis au « vainqueur » ?

PRIONS ! Seigneur Jésus, nous voulons vivre toute notre vie dans l’amour que tu nous as manifesté. Mais nous reconnaissons que les difficultés et la routine nous ont maintes fois fait perdre l’émoi de nos premiers moments de vie avec toi…

Quelques éléments de vocabulaire et d’histoire

Éphèse : ville portuaire la plus importante d’Asie Mineure (avec Pergame, avec qui elle partage le titre de capitale de la région). Nœud de communication entre l’Orient et l’Occident, c’est aussi un ancien foyer de culture (le philosophe Héraclite en était originaire, et le temple d’Artémis était l’une des sept merveilles du monde). Éphèse a été une des premières villes d’Asie Mineure à recevoir l’Évangile et son Église était parmi les plus importantes de l’époque des premiers chrétiens.

Celui qui tient les sept étoiles dans sa main droite, celui qui marche au milieu des sept chandeliers d’or : cette expression désigne Christ ! On peut remarquer qu’à chaque début de lettre, Jésus est désigné par des caractéristiques qui sont déjà mentionnées dans le chapitre 1 de l’Apocalypse.

Ton chandelier : Cette image désigne l’Église, en tant que communauté humaine qui, comme un chandelier, porte la lumière et éclaire tout le lieu où elle se trouve. Chacun de nous, l’Église à laquelle nous appartenons, est une lumière pour le monde, recevant et portant la vraie lumière qui est Jésus.

On peut relire ce qui a été dit semaine 2 au sujet de « la doctrine des Nicolaïtes ».

LA RÉFLEXION !

Être chrétien, c’est avant tout une relation de foi et d’amour avec Dieu, qui se construit au moment de notre conversion et qui, comme toute relation amoureuse, doit s’entretenir par l’attention à l’autre, le dialogue, la vie commune, les souvenirs partagés et les projets élaborés.

Il arrive que, dans un couple, les choses coincent parce que l’on a oublié ce qui faisait le feu des premiers temps. Dans notre relation avec Dieu, il en va de même et c’est ce que Jésus vient redire à l’Église d’Éphèse.

On peut mener sa vie courageusement, assumer ses responsabilités, tenir ferme face aux épreuves, mais si l’on ne vit pas un peu d’amour dans son quotidien, c’est beaucoup plus difficile. Cette place centrale de l’amour est tout aussi importante dans la vie de foi et la vie d’une Église tout entière. C’est pourquoi Jésus invite l’Église d’Éphèse à se souvenir de son premier amour, des premiers temps de sa conversion. Il s’agit aussi de ne pas s’endormir dans une routine qui nous fait oublier le véritable miracle que constitue la relation à Dieu en Christ. C’est vraiment une chose à laquelle il ne faut pas s’habituer !

Jésus commence par féliciter l’Église d’Éphèse pour son courage dans la persécution et son intégrité dans le maintien de la vérité. Mais cela ne suffit pas, aux yeux de Jésus, car cette persévérance se fait sans amour. Persévérer dans la morale ou le dogmatisme, ne permet pas de garder notre foi vivante, que ce soit individuellement ou communautairement. Sinon, on court le danger du légalisme (verset 4). Dans un couple, l’infidélité est quelque chose qui fait souffrir le couple, plus que quelque chose qui n’est « pas bien » et qui appellerait un simple jugement moral. Quand un mari parle de sa femme en disant des choses complètement fausses à son sujet, sa femme peut légitimement se sentir blessée. C’est pareil avec les vérités de la foi. C’est par amour pour Dieu, pour vivre une relation vivante avec lui que l’on retrouve le sens de la vérité de qui est Dieu et de ce qu’il veut.

Est-ce que chacun de nous peut se rappeler son premier amour pour Dieu ? Qu’est-ce qui était le plus beau alors ?

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