La vie est un sport collectif – Septembre 2020

Chaque année, au moment de la rentrée, on prend des bonnes résolutions. Plein de zèle et d’enthousiasme, on s’inscrit entre autres choses à une activité sportive : cours de boxe, piscine, poney, jujitsu ou Pilates… C’est un investissement plus ou moins coûteux et qui finira bien par nous faire suer (c’est le but, non ?), mais saurons-nous le tenir jusqu’au bout ?
Pour l’apôtre Paul, la vie chrétienne s’apparente à un sport. À plusieurs reprises dans ses lettres, il utilise des images sportives pour évoquer certains aspects de la vie chrétienne comme la performance, l’endurance, la récompense, le collectif. Voilà donc une manière intéressante et stimulante d’entrer ensemble dans la course folle de la rentrée ! Les Miniglises reprendront donc dès la semaine du 1er septembre sur ce thème, et nous sommes tous invités à rejoindre au plus vite une mini pour faire partie d’une équipe. Ce sera aussi l’occasion d’accueillir les personnes qui nous ont rejoint durant l’été, de faire connaissance les uns avec les autres et de nous entraîner pour la suite…

SEMAINE 1 : LE SENS ET LA RECOMPENSE

ICE BREAKER : La dernière fois que vous vous avez pratiqué un sport, quelle était votre motivation ?

MERCI ! Remercions Dieu pour les bons fruits que nous avons vus et appréciés pendant l’été.

BIBLE ! Lecture de Philippiens 3, 4-14 et Hébreux 6, 9-12

  1. Le point de départ, d’une course, c’est le lieu qu’on quitte, ce qu’on laisse derrière soi sans plus le regarder. Quel est, selon vous, le point de départ de la course dont parle Paul dans sa lettre aux Philippiens ? Comment le comprendre ?
  2. Quelle est la direction vers laquelle son regard reste fixé ? Vers quel but court-il ?
  3. Quelles choses vous empêchent encore d’avancer dans votre course, vous retenant en arrière ?
  4. En quoi vous arrive-t-il de vous tromper de motivation dans votre course quotidienne ?

CITATION ! “Je continue à courir pour saisir le prix, parce que le Christ Jésus m’a déjà saisi.”

LA RÉFLEXION ! Quand on se lance dans la pratique d’un sport, il faut une motivation. Pour certains ce sera d’abord une motivation physique (se dépenser, se muscler, affiner sa silhouette, lâcher ses toxines, etc), mais il peut y avoir plein d’autres motivations d’ordre psychologique ou social (le goût du jeu, le besoin de se dépasser, rencontrer des gens, sortir de chez soi…). On connaît tous la phrase attribuée à Pierre de Coubertin selon laquelle “l’important c’est de participer” mais en réalité, tous les sportifs le savent, le seul fait de participer ne suffit pas, car toute pratique sportive demande des efforts et parfois même des sacrifices. Il faut donc un objectif, un défi, une récompense pour nous permettre de tenir l’effort. Qu’en est-il alors de la vie chrétienne ?

Dans sa lettre aux chrétiens de Philippe, Paul parle non pas d’abord de récompense ou de gain, mais de perte. Du point de vue de la loi juive, il avait en effet tout ce qu’il faut pour se sentir sûr de soi et confiant devant Dieu (cf v.5) : circoncis au 8ème jour, membre de la tribu de Lévi, d’une vraie lignée juive, et pharisien ! Il avait donc l’équipement, l’entraînement et les dispositions physiques pour faire un vrai athlète, sûr le de la victoire. Mais toutes ces choses, il les a considérées comme “des ordures” et il a accepté de les perdre. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elles lui donnaient l’impression de gagner son salut d’une manière fausse (à cause de sa naissance, de sa piété, de sa fidélité à la Loi).

À l’image de Christ, Paul a donc choisi de se dessaisir de tout ce qui pouvait faire sa fierté ou son orgueil, et de suivre son maître dans le dépouillement (cf Phil 2,6-11). Au v.9, il oppose clairement deux manières d’accéder à la justice (c’est le but de la course !) : l’une se gagne par l’observance de la loi (“je ne suis pas juste parce que j’obéis à la loi”), l’autre se reçoit de Dieu par la foi en Christ (“mais parce que je crois au Christ”). La course ne consiste donc pas à atteindre la perfection (que ce soit avec la Torah, ou en essayant d’être un chrétien parfait), mais à courir avec Christ, jusqu’au bout, dans la certitude de la victoire.

Dans la lettre aux Hébreux, Paul rappelle que ceux qui ont mis leur espérance en Christ sont “du bon côté, celui du salut”, c’est acquis, gagné. Mais pour autant, il exhorte chacun et chacun à rester toujours mobilisé dans la course “sans ralentir l’effort”. Car c’est en restant dans la course que l’on exerce sa foi et sa patience, comme tous ceux qui nous ont précédé sur le terrain.

Plus on s’entraîne ainsi, plus on reçoit “les biens que Dieu nous promet” : la récompense n’est pas seulement sur la ligne d’arrivée, elle se reçoit déjà dans la course.

SEMAINE 2 : LA DISCIPLINE ET L’EFFORT

ICE BREAKER : Comment ça s’est passé pour vous la dernière fois que vous avez pris la résolution de vous remettre au sport ?

MERCI ! Merci pour les personnes présentes aujourd’hui, les frères et les soeurs que tu nous donnes comme coéquipiers cette année !

BIBLE ! Lecture de 1 Corinthiens 9, 19-27

  1. D’après ces mots, qu’est-ce qui est important pour l’apôtre ? A quel point c’est important pour lui ?
  2. Ce n’est pas parce qu’on se fixe un objectif qu’on l’atteint ! Paul rappelle qu’un seul coureur gagne le prix. Qu’est-ce que Paul fait pour s’assurer d’avoir du succès dans sa mission d’annoncer la Bonne Nouvelle ?
  3. Comment pourriez-vous plus vous inspirer de Paul et des athlètes pour annoncer l’Evangile avec succès cette année ? Quelles habitudes changer en premier ?

CITATION ! “Au stade, tous les coureurs font la course, mais un seul gagne le prix. Vous ne savez donc pas cela ? Alors courrez pour gagner le prix !” (1 Corinthiens 9, 24 – PDV)

INTERCESSION ! Seigneur, nous voulons courir la course que tu mets devant nous cette année, donne-nous de garder les yeux fixés sur l’objectif et mettre en place au quotidien les habitudes qui nous permettront de gagner le plus de gens possible et de participer avec aux richesses de la Bonne Nouvelle.

LA RÉFLEXION ! On est pleins de bonnes intentions, mais on a tellement de mal à les concrétiser… Paul lui-même a écrit : “Pour moi, vouloir le bien, c’est possible, mais faire le bien, c’est impossible.” (Romains 7,18). Tous les chrétiens ont le même objectif : que nos vies rendent gloire à Dieu, répondre à son appel… Mais on y arrive pas tous autant, pas toujours autant. Paul le dit bien : la plupart des coureurs ne parviennent pas à gagner la course. Ceci dit, gagner une médaille d’argent ce n’est pas pareil qu’être forfait au bout de 5 mètres parce qu’on a trébuché ! Comme pour les sportifs, ce qui va déterminer notre succès, ou la taille de notre échec, ce n’est pas d’abord nos objectifs, mais plutôt nos habitudes, notre mode vie, notre fonctionnement au quotidien !
Dans la poursuite de son objectif de partager la Bonne Nouvelle à tous, Paul mène une vie de discipline et d’efforts, marquée par la détermination, les privations et la précision. Cette semaine nous voyons que certaines récompenses vallent ces efforts, une récompense en particulier : celle qui est éternelle, celle qui consiste à partager les richesses de la Bonne Nouvelle.
Sa discipline d’athlète a joué certainement une grande part dans le succès que Paul a atteint dans sa mission de montrer à tous la bonté et la grandeur de l’amour de Dieu. Quand le St Esprit inspire à la foi notre objectif et nos habitude, le prix devient à notre portée !

SEMAINE 3 : L’ENDURANCE

ICE BREAKER : En général, vous êtes plutôt course de 100m ou de 2000m ? Vitesse ou endurance ? Comment gérez-vous l’endurance dans une course à pied ?

MERCI ! Merci pour les activités qui ont repris à l’Église, pour les nouvelles personnes que nous avons rencontrées ces derniers dimanches !

BIBLE ! Lecture de 2 Timothée 4,1-7 et Galates 5,7

  1. Dans la lettre de Paul à Timothée, quelle est la mission que Paul confie à Timothée ?
  2. Qu’est-ce qui risque d’empêcher Timothée d’atteindre le but de sa mission ? (dangers intérieurs et/ou extérieurs)
  3. Quels conseils donner à un jeune athlète/chrétien pour éviter les faux départs, les points de côté ou les claquages ?

CITATION ! « Vous aviez pris un si bon départ ! Qui a brisé votre élan pour vous empêcher d’obéir à la vérité ? » (Galates 5,7 NFC)

INTERCESSION ! Seigneur, nous savons que la course sera longue, et qu’il y aura des moments plus difficiles que d’autres, alors nous te prions de nous montrer quelles sont nos mauvaises postures et comment bien respirer (avec le Saint Esprit) pour pouvoir tenir jusqu’au bout de la course « en gardant la foi ».

LA RÉFLEXION ! On est toujours très motivés et plein d’entrain quand on est sur la ligne de départ. Mais après le 2ème ou le 3ème virage du stade, on commence à sentir la fatigue, la douleur dans les jambes, l’essoufflement… Dans la vie chrétienne, c’est pareil, les premiers temps après la conversion ou le baptême, c’est merveilleux : on est rempli de joie et d’enthousiasme, tout feu tout flamme, même si ça bataille autour de nous ! Mais au bout de quelque temps, il peut y avoir des phénomènes de lassitude ou de découragement, et l’on risque de perdre de vue le point d’arrivée ou le sens de la course. En s’adressant à Timothée, Paul l’exhorte en prenant Dieu et le Christ à témoins (il ne s’agit pas d’une petite affaire, mais bien d’une mission qui engage toute sa vie) et en lui rappelant clairement l’essentiel de sa mission : « annoncer la Parole de Dieu ». Sa vie, sa foi, sa course, tout se résume dans ces quelques mots. Et c’est essentiel pour nous aussi de nous rappeler que c’est aussi notre mission, notre job en tant que chrétien.
« Annoncer la Parole de Dieu » cela ne doit pas être entendu de manière restrictive, comme s’il s’agissait seulement pour Timothée d’être un «bon prédicateur ». Annoncer la Parole de Dieu, ça veut dire être témoin du Christ dans toute sa vie, annoncer la Bonne nouvelle (« l’évangile ») c’est-à-dire le salut offert par Dieu en son fils Jésus-Christ, enseigner ceux qui ne connaissent pas encore cette bonne nouvelle mais aussi ceux qui ont cru autre chose (« ceux qui écoutent des histoires fausses » écrit Paul) et qui se perdent loin de Dieu. Ce n’est pas toujours facile, on peut rencontrer des échecs, voire même être rejeté. Il y a des obstacles dans cette course qui risquent de nous faire trébucher ou tomber. Mais c’est pour cela que Paul exhorte Timothée à garder le cap, en restant raisonnable et en supportant les souffrances liées à l’effort demandé dans le service. Raisonnable, ça veut dire qu’il s’agit avant tout d’éviter les excès en tous genres (colère excessive ou enthousiasme excessif par exemple) qui risquent de nous épuiser. Parfois dans notre zèle pour l’annonce de la Parole, il peut arriver qu’on en fasse un peu trop, on s’épuise, on se décourage… Et on risque alors d’oublier la vérité qui nous a mis en mouvement. L’objectif principal, c’est de « garder la foi » jusqu’au bout et de faire en sorte qu’annoncer la Bonne Nouvelle demeure une joie en toute circonstance.

SEMAINE 4 : CHACUN POUR SOI OU TOUS ENSEMBLE ?

ICE BREAKER ! Dans la vie, vous êtes plutôt “sport individuel” ou “sport collectif” ? Justifiez votre préférence !

MERCI ! Et si nous disions merci à Dieu pour une personne qui nous a aidé, soutenu ou dont le témoignage de foi nous a fait du bien ces derniers jours ?

BIBLE ! Lecture de 1 Corinthiens 9,24, 1 Corinthiens 12, 14-27 et Hébreux 12,1-2

  1. En quoi la vie chrétienne est tout à la fois une histoire de choix personnel et une aventure collective ?
  2. Quel parallèle faites-vous entre l’image du corps et celle du sport ?
  3. Quelle est cette grande foule de témoins dont parle la lettre aux Hébreux ?
  4. Quels sont pour vous les “témoins” qui vous ont accompagnés dans votre vie chrétienne jusqu’à maintenant ?

CITATION ! « En ce qui nous concerne, nous sommes entourés de cette grande foule de témoins. Débarrassons-nous donc de tout ce qui alourdit notre marche, en particulier du péché qui s’accroche si facilement à nous, et courons résolument la course qui nous est proposée. » (Hébreux 12,1 NFC)

INTERCESSION ! Seigneur, il y a des décisions que nous devons prendre par nous même, mais tu nous appelles à former un corps ensemble : aide-nous à découvrir comment nous pouvons compter les uns sur les autres, grandir les uns avec les autres, et gagner la course ensemble.

LA RÉFLEXION ! En cette dernière rencontre sur la thématique du sport, il est temps de réfléchir ensemble à la dimension collective de la vie chrétienne. Beaucoup de gens pensent que la foi est une affaire personnelle, privée, individuelle. Certains pensent même qu’ils n’ont pas besoin des autres pour être en relation avec Dieu, pas besoin de rejoindre une Église.

Les lettres de Paul, et notamment la métaphore de la course, articulent ensemble les deux dimensions de la foi : la dimension individuelle et la dimension collective. La foi, c’est une affaire de conversion, un choix et une décision personnels : on ne peut pas éternellement compter sur la foi des autres, s’appuyer sur la foi de ses parents, de ses grand-parents ou de son conjoint par exemple. Mais après ça, la vie chrétienne se déploie dans une communion avec d’autres qui partagent cette même foi en Christ. Elle permet d’aller plus loin ensemble (“seul on va plus vite, ensemble on va plus loin”) et de manifester la présence de Christ dans ce corps qu’est l’Eglise.

Une foi qui se contente de la seule relation avec Dieu, sans se confronter aux autres, sans se mettre à l’épreuve de la patience, de l’amour, de bienveillance, du pardon, prend le risque d’être une foi “théorique”. Elle se prive aussi des trésors que nos frères et soeurs portent en eux, de leurs talents : dans une équipe, nous ne sommes pas tous les mêmes, et nous n’occupons pas les mêmes postes. Mais c’est en s’appuyant les uns sur les autres que nous gagnerons !

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  • Date:
  • Author: TKeller