La lettre aux Philippiens – Novembre 2022

Un mois pour découvrir l’épître aux Philippiens !

La Bible regorge de trésors, et l’une de ses pépites est la lettre que Paul écrit aux Philippiens. Lettre courte (4 chapitres), mais remplie d’émotions, de poésie et d’enseignements centraux pour la foi chrétienne !

Paul a vécu de nombreuses aventures à Philippes et une relation particulière s’est créée entre lui et les membres de cette communauté. C’est la seule Église dont il accepte un soutien financier et ces mots sont écrits en réponse, justement, au don que Paul reçoit de leur part, alors qu’il est… en prison ! Il écrit cette lettre avec une tendresse particulière pour les remercier et les encourager. Il y donne aussi des nouvelles personnelles, rassure et met en garde.

Philippes est une grande ville, riche et très marquée par l’Empire romain, ses habitants y ont la citoyenneté et elle compte nombre d’anciens légionnaires (d’où, peut-être, la salutation étrange en 4.22). Paul y a fondé une Église, amené là par une vision, celle d’un Macédonien appelant au secours (Ac 16.9) et par le Saint-Esprit qui lui avait fait changer ses plans précédents. C’est la première Église connue en Europe, fondée par Paul, donc, Timothée, Silas et probablement Luc, l’auteur des actes.

La lettre, comme notre lecture, est construite autour du « poème du Christ » (2.6-11), peut-être une ancienne liturgie, en tout cas un résumé de l’Evangile et un crédo.

Dans cette lettre, Paul, prisonnier, explique que les conditions terrestres ont peu d’importance : il s’agit, comme notre Seigneur, d’être prêt à tout perdre pour tout gagner, le Christ Jésus.

Pour une vision large de cette lettre de Paul aux Philippiens, n’hésitez à visionner, et à faire visionner, l’excellente vidéo du Bible Project.

CHAPITRE 1 : UNE ÉGLISE QUE PAUL AIME

BRISE-GLACE ! Chacun est invité à dire une chose qu’il apprécie sur son voisin. Il n’y a pas besoin de bien le connaître, on peut aussi complimenter son apparence, par exemple.

MERCI ! Nous remercions Dieu qui a fait chacun différent et complémentaire, qui nous connaît et nous guide, avec le psaume 139.

BIBLE ! Lisons ensemble Philippiens 1, versets 1 à 11. Propositions de questions :

  • Quelle relation Paul semble-t-il avoir avec les Philippiens ? Comment Paul et les Philippiens ont noué cette relation ?
  • Que leur souhaite Paul ? Comment prie-t-il pour eux ?
  • Comment, nous, nous pouvons prier pour ceux qui nous sont chers ?
  • Quel encouragement peut-on prendre pour nous dans ce passage ?

VERSET CLEF ! “Je suis certain de ceci : Dieu, qui a commencé cette œuvre bonne parmi vous, la continuera jusqu’à son achèvement au jour de la venue de Jésus Christ.” (v.6)

LA RÉFLEXION ! Que dit-on à ceux qu’on aime ? Que leur souhaite-t-on ? Comment prie-t-on pour eux ? Qu’aime-t-on chez eux ? Paul aime les Philippiens. Il a même pour eux, dit-il, la tendresse de Jésus-Christ (v8) ! Il partage avec eux le désir de rependre la Bonne Nouvelle (vv5,7), ce qu’ils ont fait ensemble, ce qu’ils font maintenant séparément, ce que Paul considère comme une grâce, un cadeau (v7). Paul est en prison, mais ne s’en plaint pas, en effet, cette position lui a permis de témoigner ce qui est le plus important pour lui (v12).

Il prie pour que leur amour grandisse (et il y a de la marge : la norme de l’amour, c’est Dieu !) ! Nous savons, depuis la parole de Jésus (Jn 13.35) que c’est à l’amour qu’ils ont les uns pour les autres que les disciples de Jésus devraient être connus. Mais aussi l’amour pour Dieu, pour les ennemis, pour le prochain. Cet amour doit être plein de connaissance et de compréhension, ce n’est pas un amour-concept, c’est un amour concret. Il faut connaître les autres pour les aimer, il faut désirer les comprendre pour discerner ce qui est important. Aimer Dieu et aimer le prochain, voici toute la volonté de Dieu selon Jésus (Mc 12.29-31). Cela n’est pas facile, cela demande de l’investissement. Aimer c’est une action et c’est le plus important. Paul prie pour que l’amour des Philippiens grandisse. Nous aussi, prions pour que notre amour, et celui de ceux que nous aimons, grandissent. On aurait plus tendance à prier pour ceux que nous trouvons méchants pour que leur amour grandisse, mais c’est un besoin de tout le monde, surtout pour les frères et sœurs.

Mais Paul est confiant, parce qu’il se sait écouté de Dieu. Dieu veut notre bien, comme il voulait celui de Paul et des Philippiens. Dieu a commencé à travailler en nous et il continue à le faire. Il est l’alpha et l’oméga, le début et la fin, l’œuvre qu’il commence, il la mène à la perfection (v6). Son œuvre en nous s’achèvera. Nous serons remplis d’amour comme il l’est, au jour de son retour. Nous pouvons paisiblement lui partager ce qui ne fonctionne pas dans nos vies. Dieu agit.

CHAPITRE 2 : LE MODÈLE DE JÉSUS

BRISE-GLACE ! Chacun est invité à raconter, courtement, un événement marquant de sa vie d’Eglise, positif ou drôle.

LOUANGE ! Nous vous proposons de chanter le beau chant inspiré du cantique de Marie : Magnifique est le Seigneur. 

BIBLE ! Lisons ensemble Philippiens 2, versets 1 à 11. Propositions de questions :

  • Quel est, selon ce texte, le moyen de l’unité dans l’Eglise ?
  • Qu’est-ce que c’est, pour vous, de se comporter comme « quand on est uni à Jésus Christ » ?
  • Qu’est-ce que l’Eglise vous a apporté de positif ? Qu’est-ce qui vous semble plus difficile ?
  • Qu’êtes-vous prêt à changer, chez vous, pour changer l’Eglise ?

VERSET CLEF ! “Que personne ne cherche son propre intérêt, mais que chacun de vous pense aux autres.” (v.4)

LA RÉFLEXION ! L’unité de l’Eglise passe par l’humilité. Et nous avons le meilleur modèle : Jésus-Christ, le Seigneur. Nous savons bien, pour l’avoir expérimenté, ce que nous gagnons à être des disciples de Jésus, ce que le Saint-Esprit nous a donné, ce que l’Eglise nous apporte : courage, amour, réconfort, communion, tendresse, bonté, joie… L’union au Christ donne du courage : il a commencé son œuvre en nous et la finira (cf. la semaine dernière), il est ressuscité et nous le serons aussi, il revient. Son amour nous réconforte : nous sommes aimés inconditionnellement et éternellement. Nous sommes en communion les uns avec les autres et avec Dieu par le Saint Esprit : il répand dans nos cœurs son amour. Nous pouvons alors avoir de la tendresse et de la bonté les uns pour les autres parce que nous avons goûté à celles du Christ.

Mais nous savons aussi que, « dans la vraie vie », c’est parfois plus compliqué. Nos frères et sœurs sont loin d’être parfaits, chacun arrive avec son passé, qui parfois ne passe pas… Et l’union dans l’Eglise, dans la Miniglise, n’est pas toujours donnée. L’Eglise de Philippes en était là aussi et Paul appelle ses frères à l’unité, à marcher en plein accord et en s’aimant (cf. la semaine dernière).

Pour cela, Paul donne une règle très simple et très efficace : penser aux autres avant soi. L’humilité à l’opposé de notre égotisme contemporain. C’était déjà la proposition de Jésus lors du lavement des pieds : pour s’aimer, il faut se servir (Jn 13.12-17). C’est une boucle vertueuse : en servant l’autre, on apprend à l’aimer puis on le sert parce qu’on l’aime. C’est très concret. Nous avons beaucoup, des biens, du temps, des relations sociales : quelle part sommes-nous prêts à donner aux frères et sœurs ? à l’Eglise qui nous donne tant ?

Mais Dieu n’est pas un donneur de leçon et Paul non plus. Si Jésus peut nous enseigner l’humilité, l’amour sacrificiel, c’est parce qu’il en est le plus bel exemple. Il était Dieu, il a choisi de se dépouiller de toute sa gloire pour être un homme et il a choisi de mourir de façon ignominieuse par amour pour nous ! Pour nous servir et servir le Père ! Et son obéissance a été reconnue, il a été élevé au-dessus de tout. L’ordre est celui-là : on s’abaisse sur cette Terre pour être élevé par Dieu après. Ceux qui s’élèvent sur cette Terre, les riches, les puissants, les orgueilleux, seront rabaissés par Dieu (cf. la parabole du pharisien et du collecteur d’impôts en Lc 18.9-14). Paul, lui-même, avait tout, la richesse, le savoir, la position sociale et même l’impression de justice, il est maintenant en prison pour avoir tout donné pour Dieu (on en reparle la semaine prochaine).

Une citation de C. S. Lewis que j’aime particulièrement : « L’humilité, ce n’est pas penser moins de soi, c’est penser moins à soi. » Comment pourrais-je aujourd’hui, cette semaine, servir l’Eglise, servir le monde en prenant Jésus comme modèle ?

Le poème des vv 6-11 est peut-être une très ancienne liturgie de l’Eglise, possiblement en lien avec le baptême ou la Cène. C’est en tout cas une vraie déclaration de foi, un credo, qui se termine avec la déclaration qui fait de nous des chrétiens : « Le Seigneur, c’est Jésus Christ, pour la gloire de Dieu le Père. », Jésus est Dieu.

CHAPITRE 3 : LA COURSE DE LA VÉRITÉ

BRISE-GLACE ! Chacun est invité à citer un de ses modèles, une personne qu’il admire.

LOUANGE ! Nous vous invitons à louer Dieu en partageant, chacun, courtement, une belle chose de sa semaine.

BIBLE ! Lisons ensemble Philippiens chapitre 3, verset 12 à chapitre 4 verset 1. Propositions de questions :

  • Est-ce que, parfois, souvent, vous êtes découragés par la différence entre ce qu’il vous semble être et ce que vous voudriez être ?
  • L’aspiration à la perfection biblique est-elle trop lourde pour vous ?
  • En quoi cette métaphore de la course vous touche-t-elle ?
  • Qu’est-ce que se savoir citoyens célestes nous donne, aujourd’hui ?

VERSET CLEF ! “Car j’ai moi-même été saisi par Jésus Christ.” (v12)

LA RÉFLEXION ! Pour nous présenter la différence entre notre vie actuelle et celle que nous désirerions avoir, Paul fait appel à une image, la course, et à un concept important pour les Philippiens, la citoyenneté.

Paul explique, en 1 Timothée 4.8, que le sport est peu utile, mais il s’en sert souvent d’illustration. Il présente notre vie comme une course. Parfois, on peut se sentir découragé d’être si différent du modèle posé par Jésus. La perfection, la plénitude dirait Paul, ne peut pas être atteinte sur cette Terre… mais elle reste un bon objectif pour avancer. La grâce est première, c’est Dieu qui nous a saisi, il n’y a pas besoin d’être prêt, d’être quoi que ce soit, pour commencer à courir. Il n’y a chez Paul ni culpabilisation, ni orgueil. Si nous sommes chrétiens, c’est grâce à Dieu, si nous sommes loin d’avoir atteint le but, d’être « comme il faut », et bien cela ne doit pas nous empêcher d’avancer dans cette direction, le plus vite possible. Dieu nous donne le vouloir et le faire (Ph 2.13) : il nous équipe et fait la plus grande partie du travail.

Nous n’avons pas besoin, pour cela, d’être complètement d’accord avec nos frères et sœurs, d’être au même endroit, nous devons juste courir dans la même direction. La sanctification, la transformation que Dieu fait en nous, s’entraîne en Eglise, dans l’unité (regardons combien nombre des facettes du fruit de l’Esprit, en Ga 5.22, sont relationnelles !).

Ce décalage entre notre statut, chrétien, et notre comportement, loin d’être parfait, est difficile à gérer. Paul nous propose trois conseils : Regardez à nos concitoyens, ne pas regarder à ceux du monde et mesurer qui nous sommes en Dieu.

Nous sommes naturellement amenés à avoir des modèles, parce que nous avons été fabriqués pour suivre Dieu. Mais, tant qu’à avoir des humains comme exemples, choisissons des chrétiens qui montrent les qualités de Dieu, confiant dans l’œuvre de Dieu et non la leur, et en cours de transformation (sanctification) constamment. Paul se propose comme exemple humblement, après avoir exprimé combien il se sait « en route » seulement (cf. la semaine dernière). Nous devons considérer l’œuvre du Saint-Esprit dans nos frères et sœurs pour être encouragés.

En revanche, il y a des exemples mauvais qu’il ne faut pas suivre, ceux qui pratiquent les excès de table, ceux qui tirent gloire de leur position sociale, ceux qui mettent leur espoir dans le confort matériel. Nous devons ressembler à Christ, même si le chemin est long, il ne faut pas abandonner en cours de route.

Parce que nous sommes déjà des citoyens du Ciel, du Royaume de Dieu. Nous n’appartenons déjà plus à la Terre. Nous avons besoin du Saint-Esprit de Dieu pour nous comporter comme Dieu nous le demande. Agissons en cohérence avec cette nouvelle identité, ayons de bons modèles, tenons ferme… parce que Dieu nous a aimé le premier !

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