Semer la justice, récolter la paix – novembre 2025
Table des matières
Semaine 1 : Injustice et justice dans la bible
Question bête mais pas si bête
Avez-vous été témoin d’une injustice récemment ? Comment avez-vous réagi ?
Prière
Demandons au Seigneur de nous éveiller aux sujets importants pour lui que sont l’amour et la justice
Bible
Lire Exode 3:7 et 3:9-10 / Proverbes 31:8-9 / Ésaïe 58:6-12
Questions
• Quelles thématiques reviennent dans ces passages ? Laquelle vous parle-t-elle le plus en ce moment, et pour quelle raison ?)
• A votre avis, pour quelle raison Dieu a-t-il chargé le prophète Ésaïe et l’auteur du livre des Proverbes des paroles que vous venez de lire ?
• Dans Exode, Dieu mandate Moïse pour la libération de son peuple mis en esclavage depuis des générations. Pourquoi, à votre avis, passer par Moïse plutôt qu’agir directement pour détrôner Pharaon ?
Comment cela peut-il nous inspirer pour notre vie aujourd’hui ?
• Dans le livre des Actes (10:38) il nous est rapporté que Jésus “faisait du bien et guérissait tous ceux qui étaient opprimés par le diable” : quels types d’oppressions voyez vous certaines personnes ou groupes de personnes subir autour de vous ?
L’injustice et l’oppression existent depuis toujours entre les humains : à la lumière de ces textes, quelles attitudes pourrions-nous adopter face à ces fléaux, sur les plans individuel et collectif ?
Réfléxion
• La thématique de l’injustice/justice traverse la Bible du début à la fin : ce n’est pas une mode récente que d’en parler…
• Les paroles et actions du Seigneur (via les prophètes notamment) sont toujours en faveur de celui qui est opprimé et faible (pas du côté du fort et bien portant) : qui sont aujourd’hui les opprimés dans notre société, les boucs émissaires des problèmes ?
Les paroles prophétiques au sujet de la justice étaient nécessaires car souvent le peuple de Dieu reproduisait des systèmes de domination (à l’image de celle qu’ils avaient subi en Égypte par ex.). Le prophète Amos dénonce les inégalités de la société de son époque, et l’inaction du peuple de Dieu.
Dans l’Histoire, l’Église a été complice (ou l’est toujours) de systèmes d’oppression divers : nous avons besoin de prophètes pour nous rappeler les paroles de Dieu régulièrement face à l’injustice, afin de ne pas reproduire les cycles d’abus et injustice. Et afin de nous mettre courageusement en action, comme Moïse a pu le faire à son époque suite à l’appel reçu.
• Il existe plusieurs types d’oppression et de sources d’injustice dans notre monde, continent, pays, ville : la libération proposée par Jésus englobe toutes les dimensions de la vie humaine (spirituelle, sociale, émotionnelle, physique).
La réponse à l’injustice ne peut se limiter à la prière, mais celle-ci devrait accompagner toute action et engagement de notre part. (que ces actions soient individuelles ou collectives).
De même, la libération en Christ n’est pas uniquement liée à la délivrance spirituelle, mais il s’agit d’une restauration globale des êtres humains : des relations saines, un esprit libéré, une psyché apaisée, une dignité retrouvée, un corps soulagé…
Semaine 2 : Le racisme, une injustice qui nous touche tous
Introduction
La semaine précédente nous avons parlé de la thématique de l’injustice et de la justice dans la Bible.
Cette semaine nous allons nous intéresser à une forme d’injustice particulière : le racisme.
Le dictionnaire Larousse en donne deux définitions:
1. Idéologie fondée sur la croyance qu’il existe une hiérarchie entre les groupes humains, autrefois appelés « races » ; comportement inspiré par cette idéologie.
2. Figuré, par exagération. Attitude d’hostilité systématique à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes : Racisme anti-jeunes.
Questions bêtes mais pas si bêtes
Existe t-il selon vous un problème de racisme/discrimination raciale dans notre pays ? Si oui, à quelle occasion ou période en avez-vous pris conscience ? A quel point vous sentez-vous concerné par cette question ?
Prière
Demandons au Seigneur de nous éclairer sur nos angles morts vis à vis des discriminations raciales.
Bible
Lire Genèse 1:26-27 / Galates 3:26-28 / Apocalypse 7:9-10
Questions
• Pouvez-vous lister les hiérarchies que vous voyez à l’œuvre dans vos vies/entourage, dans la société ?
• A votre avis, pourquoi sommes-nous prompts à établir des hiérarchies entre humains, voire à considérer certains individus ou groupes comme “des sous-humains”/moins importants ?
• Avez-vous déjà été discriminé à cause des hiérarchies raciales dans la société, voire dans l’Église ? Comment cela vous a-t-il impacté ? (si personne ne répond oui, on peut demander si dans leur entourage ils en ont été témoins)
• Pourquoi ce sujet des discriminations raciales crée-t-il du malaise chez les gens (colère, instinct défensif…) et comment pourrions-nous évacuer ce malaise grâce à notre relation avec Dieu, et les uns avec les autres ?
• Qu’aimeriez-vous que l’Eglise (locale et globale) fasse vis-à-vis de la question raciale aujourd’hui ?
• Que pouvons-nous faire pour que notre Église ne reflète pas une seule culture mais qu’elle mette en avant la richesse de la diversité ? Quels types de changements concrets cela représenterait-il pour vous personnellement ? (M’intéresser à la culture d’autres frères et sœurs ? Lire des théologiens non européens ou nord américains ? Participer au culte arabophone ?….etc)
NB L’idée est de penser à des actions de fond, allant au-delà d’une juxtaposition des uns avec les autres sur les bancs du temple.
Réflexion
1. Sur le racisme : précisions
Bien que les races n’existent pas (la science l’a prouvé), le racisme tue chaque jour.
Le concept de race, ramené à la couleur de peau, est le produit des entreprises coloniales du 15ème au 20ème siècles et établit des hiérarchies entre les personnes selon leurs origines. Ces hiérarchies ont persisté après la révolution française, après l’abolition de l’esclavage et après les indépendances des colonies. Invisibles, intégrées à nos mentalités, il est difficile d’en prendre conscience – notamment lorsqu’elles ne nous impactent pas directement.
Le racisme est un système mis en place pendant des siècles pour favoriser certains (les personnes dites blanches, d’ascendance européenne en général) au détriment d’autres. Cela ne signifie pas qu’une personne d’origine européenne n’ait pas de problèmes ou d’obstacles dans la vie ; cela signifie qu’en cas d’obstacle ou difficulté, sa couleur de peau ne jouera pas en sa défaveur.
Voici quelques ressources pour se documenter davantage :
• Dossier dans le magazine Histoire : La fabrique des races
• Série de documentaires sur Radio France :
Politique et race en France, un mariage dangereux : un podcast à écouter en ligne
Documentaire : naissance et histoire du racisme
Différence entre xénophobie et racisme
• l’un parle de notre peur de l’autre, de l’inconnu / étranger (xénophobie)
• l’autre parle de la hiérarchie entre humains selon nos “races”
◦ (Parent à enfant en Inde) : tu n’épouseras pas un étranger non indien => propos xénophobe
◦ si tu épouses un étranger, il faut qu’il soit blanc => propos raciste
2. Sur les textes bibliques choisis
Dans Genèse, il est établi que Dieu a créé les humains sans hiérarchie entre eux.
Toute idée de supériorité d’un groupe sur un autre, quel que soit le critère, est contraire aux projets de Dieu.
Pourtant, dans l’Histoire, des chrétiens puissants/influents ont utilisé à mauvais escient des paroles bibliques pour imposer la domination de certains groupes sur les autres.
La “Bible des esclaves”, par exemple, était une version tronquée de la Bible (d’où étaient absents les passages parlant d’égalité et de libération des opprimés, comme l’Exode) utilisée pour renforcer la domination des maîtres esclavagistes sur les esclavisés.
Il est important de connaître ces aspects de l’histoire de l’Église, afin de ne plus la reproduire et de trouver des moyens de réparer le mal commis (dans la mesure où cela serait possible).
Les discriminations liées à la race dans la société se manifestent depuis la naissance, en passant par l’école, le milieu professionnel, la santé, le sport… Et jusqu’à la mort, et même dans le monde des Églises (que ce soient des actes isolés ou quelque chose de plus général/systémique). Pour les combattre, il est nécessaire de faire de l’introspection et de comprendre dans quelle mesure nous sommes impactés par le racisme, et de quelle manière nous y avons contribué (activement ou par le silence, ou l’inaction, nous éloignant de la cible du projet de Dieu). Puis se repentir (collectivement, individuellement), rechercher la guérison pour ceux qui ont été blessés => toute cette démarche se fait dans la durée, requiert du temps.
Dans Galates, il est question d’unité en Christ.
Dans l’Église, ce qui pouvait nous séparer voire mettre une hiérarchie entre nous perd sa puissance car celui qui nous réunit c’est Christ.
Cela ne signifie pas que nos différences sont gommées et que nous devenons comme des robots : en Christ nos différences ne sont plus des barrières entre nous et ne sont plus des sources de domination pour ceux qui ont du pouvoir ; elles perdent leur sens et leur force.
Rétablis par Christ, nous pouvons nous parler, nous approcher les uns les autres, se respecter, s’apprécier, s’écouter.
Enfin dans Apocalypse, l’image de la foule décrite nous parle de la belle mosaïque de personnes qui constituent le peuple de Dieu. Dieu se révèle à tous les peuples : il n’a pas de “chouchous”.
Les Églises devraient être des lieux où prophétiquement chaque semaine nous nous rassemblons dans la diversité et dans l’unité en Christ, pourtant elles sont parfois ségréguées (origines sociales, ethniques …). Il y a souvent plus de confort à se retrouver avec ses semblables, mais le Seigneur nous appelle à aller au-delà et rester ouverts à la rencontre et à l’inclusion de nouvelles personnes dans nos groupes.
Il est également important de savoir valoriser ce qui, dans nos cultures / origines, nous rappelle et ramène au royaume de Dieu : pour cela, il peut être utile pour certaines personnes de faire un travail de découverte ou redécouverte culturelle, suivi de discernement. Lorsqu’on a choisi ou subi l’assimilation à la culture dominante, parfois on doit re-découvrir ou revisiter notre culture d’origine avec l’éclairage de l’Esprit Saint.
Semaine 3 : Libérer les opprimés à la suite de Jésus
Question bête mais pas si bête
Si vous pouviez résumer en une phrase la mission ou l’œuvre de Jésus, que diriez-vous ?
Prière
Demandons au Seigneur de nous remplir de courage pour suivre Jésus sur le chemin de la libération des opprimés.
Bible
Lire Luc 4:16-19
Questions
• Jésus semble appliquer les paroles du prophète Ésaïe à sa vie: c’est sa feuille de route pour son ministère. En faisant appel à vos connaissances et souvenirs des évangiles, pouvez-vous relier un récit des évangiles avec chaque élément de cette feuille de route ?
• Qui mettriez-vous en 2025 derrière : les pauvres, les captifs, les aveugles, les opprimés ? Qui sont les marginaux / laissés pour compte dans notre société ?
• Quel est le risque d’interpréter le passage d’Ésaie 61 de manière figurée ? (Oublier ou évacuer les besoins concrets des gens ; oublier d’avoir les pieds sur Terre)
• Saint Esprit : Pour Jésus sa mission n’avait de sens que parce que l’Esprit de Dieu reposait sur lui. A votre avis que peut il se passer si nous allons en mission sans demander au Seigneur ce revêtement du Saint-Esprit ?
• Quel pas de plus pourrions nous faire pour davantage nous engager pour la justice, dans la société française ? (sur les plans individuel et collectif)
Réflexion
• Le ministère de Jésus était incarné : il n’a pas fait que prier pour les gens, il s’est soucié de leurs problèmes concrets face à l’injustice, il les a touché au sens propre et au sens figuré.
Dans les récits des évangiles, le bien qu’il faisait aux individus rejaillissait sur leur statut en société et leurs relations, leur santé physique, mentale et spirituelle.
• Il s’engage pour le plus faible, et appelle ses disciples à le suivre dans cette voie, faisant écho aux paroles des prophètes (cf semaine 1). Œuvrer parmi les plus fragiles de la société est aux antipodes d’une vie mise en scène sur les réseaux sociaux, n’est pas “glamour”.
• L’Esprit Saint était à la fois son sceau d’autorité et le carburant pour son ministère : nous avons également besoin de lui, chaque jour et en particulier dans nos engagements envers les opprimés. Au risque de nous essouffler ou de croire que nos forces seules suffisent (et finir grisés par la notoriété ou autre).
• Cette vie au service de la justice et de l’amour du prochain ont hélas conduit Jésus à la croix : il nous invite à le suivre sur ce chemin ardu, pouvant nous mener à la peine et à la souffrance. Il y aura toujours un prix à payer pour la justice, à chacun de le mesurer/estimer. Que sommes-nous prêts à perdre au nom de l’amour du prochain, de la vérité, de la justice ? (des relations ? du pouvoir ?…)
• Dans un monde toujours plus divisé, en guerre, nous sommes appelés à être des artisans de paix. Cette paix n’est pas absence de conflit mais présence de justice.
Description
Découvrir le thème de l’injustice et de la justice dans la Bible. Le racisme, comme une injustice particulière. Et la libération en Jésus-Christ.
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- Author: Equipe éditoriale