Incroyable Dieu – décembre 2025
Introduction et réflexion
Décembre, mois de Noël, de l’incarnation, de l’histoire de ce Dieu venu se mêler physiquement avec l’humanité dans une histoire incroyable. Mais il n’a pas attendu la naissance de son Fils pour s’intéresser à sa création, à sa créature.
Ce mois-ci nous vous proposons d’avancer à la découverte de cet incroyable Dieu, de la foi qu’il nous faut pour dépasser les apparences et les certitudes afin de découvrir l’extraordinaire qu’il nous propose.
Et avant de commencer deux petites définitions
– Incroyable : Est incroyable à la fois ce qui nous surprend et ce qui nous semble impossible à croire, ce qui “n’aurait pas dû arriver selon notre logique”. L’incroyable dit donc toujours la surprise et le mouvement de recul, c’est l’irruption de ce qui nous dépasse dans la vie. Alors la foi est le pas hors de nos sécurités pour faire de la place à Dieu et rendre l’incroyable crédible, par l’élan de la foi. Nous ne pouvons pas croire sans Dieu, nous avons besoin de lui pour dépasser la limite que constitue l’incroyable.
– Crédible : c’est au contraire ce qui est logique à vues humaines, ce qui est visible, tangible, attendu sans trop nous dérouter. Alors l’incarnation de Dieu est crédible parce qu’Il s’est incarné en son Fils le Christ, pour nous rejoindre. Il est devenu homme, rendant sa présence dans l’humanité crédible, tout en gardant un côté mystérieux, incroyable. C’est dans cet esprit qu’il faut comprendre que Jésus est bien Emmanuel, “Dieu avec nous” comme annoncé dans les Evangiles.
Table des matières
Semaine 1 : Qu’est-ce qui est incroyable dans l’histoire de Noël ?
Question bête mais pas si bête
Quelle est la chose la plus incroyable que j’ai vécu ou vu ?
Prière
Pour ouvrir nos esprits à celui du Seigneur, afin que nous puissions découvrir, recevoir, voire comprendre, ce qu’il veut d’incroyable pour nous ?
Longue entrée en matière
Reconstituer de mémoire tous ensemble le récit de la nativité dans la Bible (sans donner plus de détails). Il est important que quelqu’un note pour le groupe les différents éléments mentionnés dans l’ordre qui semble logique. Puis partagez avec les autres l’élément ou le fait,… qui vous paraît le plus incroyable dans cette histoire.
Bible
Lire Matthieu 1 et 2 et Luc 1:26 à 2:39
Questions
• Y a-t-il des différences entre vos souvenirs tels que notés ensemble et les textes ? Y a-t-il des choses que vous avez ajoutées, enlevées ? Aviez-vous conscience de la différence d’approche entre Matthieu et Luc ?
• Changeriez-vous d’élément, de fait… dans ce qui vous semble incroyable dans ces deux récits ? Il peut être utile ici de réfléchir avec le groupe à différencier les mots croyable, crédible, merveilleux… (cf intro et notes)
Réfléxion
• Il y a une différence entre incroyable et merveilleux dans ces deux textes.
Est incroyable, comme indiqué au début, ce qui renvoie à ce qu’on a du mal à croire, à accepter comme vrai. Cela peut susciter l’étonnement, parfois le doute ou la suspicion. Le regard, la réflexion sont centrés sur la crédibilité du fait ou de l’expérience. On est dans le registre de la croyance. C’est alors qu’intervient la foi, au sens de démarche existentielle de confiance et non de contenu, pour pouvoir aller plus loin.
Est merveilleux, ce qui émerveille, qui touche, qui réjouit et renvoie à des bons et beaux souvenirs. Il n’y a pas nécessairement de doute : l’accent est mis sur la beauté, la grâce, la bonté perçue. Le regard, le retour, sont centrés sur le sens positif d’un récit ou d’un événement et ce qu’il a d’étonnant..
La naissance de Jésus est un moment merveilleux, sans doute pour Marie et Joseph, comme pour tout parent. Il n’y a là rien de difficile à croire et cela ouvre un horizon de sens et d’émotion, voire de souvenirs, si nous sommes nous-mêmes concernés.
Mais la naissance de Jésus est aussi incroyable : il est Fils de Dieu, comment est-ce possible qu’un Dieu s’intéresse à ce point à l’humanité pour venir naître et prendre la forme la plus fragile de l’humanité : l’enfant ? Et en plus dans une situation de pauvreté et de rejet ?…
• Souvent les récits de la naissance de Jésus, prennent un tour merveilleux plus qu’incroyable, dans notre esprit. Sans doute est-ce pour cela qu’on les appelle plus volontiers récits de Noël ou de la nativité (ce qui veut dire la même chose), car ils nous ramènent à notre enfance et à la culture véhiculée avec dans le monde occidental de tradition chrétienne ou à la culture des chants, des moments heureux et joyeux de l’enfance, imaginés, fantasmés ou réels.
Semaine 2 : Qu’est-ce qui résiste dans l’incroyable ?
Questions bêtes mais pas si bêtes
Y a-t-il un événement incroyable sur lequel je n’arrive pas à mettre des mots pour le décrire complètement ? ou dire en quoi il m’a touché, bouleversé, transformé… ?
Prière
Demander à Dieu de nous faire accepter sa folie en lui remettant la nôtre, afin qu’Il nous déplace.
Bible
Lire Luc 1:5-25
Questions
• Zacharie pose une question : « Comment saurai-je que cela est vrai ? » ou « À quoi le saurais-je ? » (v.18). Pourquoi est-ce que c’est interprété comme un doute de la part de Zacharie ?
• Le silence imposé par l’ange Gabriel à Zacharie (v.20) intervient avant la naissance de Jean-Baptiste. Comment comprendre ce silence, pas seulement comme punition, mais comme « signe » pour la communauté présente ? Signe de quoi ?
• Comment comprendre qu’Elisabeth se cache pendant 5 mois alors qu’elle dit que le Seigneur lui a retiré sa honte ?
Réflexion
• Est-ce que l’on peut douter de quelque chose qui nous arrive sans pour autant douter de Dieu ? Le chemin de Zacharie et Elisabeth est celui d’une foi profonde, enracinée dans l’histoire d’Israël et qui ne renie rien, mais qui doit faire place à de l’inattendu, de l’inouï au sens premier de “ce qui n’a pas encore été entendu”. Lui prêtre, elle stérile, ils semblent récapituler toute l‘ancienne alliance ! Leur chemin est d’abord intérieur, lui obligé de se taire, elle qui se retire. Ce temps de “digestion” de l’incroyable est sans doute ce qui est nécessaire à l’inscription de l’incroyable de Dieu dans la réalité et l’épaisseur de nos vies. le temps qui permet d’enraciner la foi. Le prenons-nous facilement ?
• Il est souvent difficile de rendre compte de l’incroyable. Sans doute parce qu’il y a la crainte de paraître ridicule ou de ne pas être cru. Et alors le risque est grand que l’incroyable nous pousse à nous taire. D’ailleurs paradoxalement Jésus après ses miracles demande aux témoins de ne rien en dire. Et parfois, comme en Marc 7, 31-37, plus Jésus le demande, moins ses interlocuteurs obéissent, en en parlant. Quel est le risque pointé par ces interdictions ? Celui de trop parler, de mal parler, d’induire de fausses compréhensions ? Ne faudrait-il pas que le Seigneur nous interdise de parler de Lui, pour nous aider à témoigner de ce que nous croyons, vivons et voyons, lorsqu’il agit dans nos vies ?
• A l’inverse, il y a un risque en voulant être crédibles de gommer la dimension divine qui nous échappe, de gommer ce qui est inexplicable voire incroyable : faire des périphrases, de longs détours… Par exemple, parler de signes pour ne pas dire miracles… Ou en renvoyant à des spécialistes chaque fois que l’on est interrogé sur sa foi : allez voir le pasteur, le théologien, lui il vous expliquera.
Semaine 3 : Comment être crédible dans notre témoignage alors que l’on rend compte de quelque chose d’incroyable ?
Question bête mais pas si bête
Plus c’est gros, mieux ça passe. D’accord ou pas ? A l’heure des fake-news tous azimuts, qu’est-ce qui peut rendre crédible ou au contraire décrédibiliser une parole ?
Prière
Demander à Dieu d’être fidèle et audacieux pour articuler ce que nous croyons et vivons avec ce que nous disons et faisons.
Bible
Lire 2 Corinthiens 3:1-6
Questions
• Prendre un temps pour identifier ce qui est en jeu dans ce passage : qui est une lettre, entre qui et qui, pour dire quoi ? (il peut être utile de relire aussi le dernier verset du chap 2)
• A quel épisode biblique Paul fait-il référence quand il dit une lettre « écrite, non pas avec de l’encre, mais avec l’Esprit du Dieu vivant ; elle est gravée, non pas sur des tablettes de pierre, mais dans des cœurs humains” ? Quelles perspectives est-ce que cela ouvre pour nous aujourd’hui ?
Notre vie peut-elle être « lue » par d’autres comme une lettre ? Si oui, qu’est-ce que cela suppose et qu’avons-nous à disposition pour nous aider ? Qu’est-ce qui rend notre témoignage de “l’incroyable de Dieu” insupportable ou au contraire crédible ?
Réflexion
• La lettre vivante est la communauté de Corinthe, écrite par le Christ et adressée aux détracteurs de Paul comme “preuve” ou lettre de recommandation de son ministère. Ce qui fait “l’efficacité” de son ministère se lit dans la foi vécue des corinthiens, contrairement à ceux qui font leur “petit trafic” avec la Parole de Dieu faite chair (cf 2co2,17).
Attention, Paul parle ici en “nous” sans que nous ne sachions trop s’il parle de lui seul (pluriel de majesté !) ou des compagnons qui sont avec lui…
• Paul met en perspective ce qu’il dit avec l’épisode du don de la Loi sur le Sinaï (Exode 20), mais aussi avec la promesse de Jérémie (31,33) : l’enjeu est de passer d’une parole-loi extérieure, qui s’impose à nous, à une parole intérieure, qui vit et s’incarne en nous pour être lisible par les autres. Du coup c’est aussi une parole qui nous façonne et nous transforme. Le schéma la lettre tue / l’Esprit fait vivre dénonce le risque du légalisme . Paul n’a pas d’autre enseignement que ce qu’il incarne et que les corinthiens ont “lu” quand il était présent parmi eux, de même que leurs contemporains n’ont rien d’autre à lire que leur façon de vivre en chrétiens au milieu d’une société païenne.
• Le témoignage sur de l’incroyable est sans doute toujours beaucoup plus crédible quand on connaît la ou les personnes à qui l’on cherche à parler. Que l’on connaît leur réalité, leur culture… Le risque est grand sinon d’être en surplomb voir en domination et donc d’être dans l’irrecevable et même pire dans le prosélytisme au sens où la liberté de l’autre est niée; d’être dans “la lettre qui tue” plutôt que “l’esprit qui fait vivre”.
• Par ailleurs, être sur la même fréquence entre ce que nous vivons, ce que nous disons et ce que nous faisons, rend le témoignage plus crédible et même plus fort. La phrase de Jésus Ils disent mais ils ne font pas, à propos des pharisiens est très parlante, de même que l’adage Faites ce que je dis mais pas ce que je fais. Pour Paul, cette cohérence est inatteignable pour nous qui sommes pécheurs. Elle n’est possible que dans et par l’Esprit Saint qui œuvre en nous, lettre vivante de Dieu qui écrit sa parole dans nos vies jour après jour.
Description
Ce mois-ci nous vous proposons d’avancer à la découverte de cet incroyable Dieu, de la foi qu’il nous faut pour dépasser les apparences et les certitudes afin de découvrir l’extraordinaire qu’il nous propose.
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