(Re)naitre – janvier 2026

Le changement d’année civile est parfois l’occasion de recommencements, de désir de changements, les fameuses bonnes résolutions qu’on tient rarement. L’année liturgique, elle, a commencé depuis début décembre, le début de l’avent, et consistait en l’attente, dans l’espérance, d’un enfant à naitre, Jésus, qui est Dieu. Pour ce mois de janvier, nous nous proposons de réfléchir à la façon dont nous pouvons, à notre tour, (re) naitre comme un enfant de Dieu, au travers d’un passage célèbre de l’évangile de Jean, d’une remontrance de Jésus dans l’évangile de Matthieu et d’un extrait de la lettre de Paul aux Romains.

Bonne (re)naissance à tous !

Semaine 1 : Renaitre

Question d’introduction
Comment vous souvenez-vous de la naissance de vos enfants, de vos frères et sœurs ou des enfants des amis ?

Louange
Remercions Dieu de ce qu’il confie des enfants à notre communauté.

Longue entrée en matière
Reconstituer de mémoire tous ensemble le récit de la nativité dans la Bible (sans donner plus de détails). Il est important que quelqu’un note pour le groupe les différents éléments mentionnés dans l’ordre qui semble logique. Puis partagez avec les autres l’élément ou le fait,… qui vous paraît le plus incroyable dans cette histoire.

Bible
Jean 3:1-7
1Il y avait un homme parmi les pharisiens appelé Nicodème qui était l’un des dirigeants juifs. 2Il vint de nuit trouver Jésus et lui dit : « Rabbi, nous savons que tu es un maître qui enseigne de la part de Dieu ; car personne ne peut faire des signes extraordinaires comme tu en accomplis si Dieu n’est pas avec lui. » 3Jésus lui répondit : « Oui, je te le déclare, c’est la vérité : personne ne peut voir le règne de Dieu s’il ne naît pas de nouveau. » 4Nicodème lui demanda : « Comment quelqu’un d’âgé peut-il naître de nouveau ? Pourrait-il retourner dans le ventre de sa mère et naître une seconde fois ? » 5Jésus répondit : « Oui, je te le déclare, c’est la vérité : personne ne peut entrer dans le règne de Dieu s’il ne naît pas de l’eau et de l’Esprit. 6Ce qui naît de parents humains est humain ; ce qui naît de l’Esprit de Dieu est esprit. 7Ne sois pas étonné si je t’ai dit : “Il vous faut tous naître de nouveau.” 8L’Esprit, comme le vent, souffle où il veut ; tu entends le bruit qu’il fait, mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va. Voilà ce qui se passe pour toute personne qui naît de l’Esprit de Dieu. »

Questions
• Que veut dire pour vous « naitre de nouveau » ?
• Qu’est-ce que cette comparaison dit de ce qu’est un chrétien ?
• Comment le vivez-vous personnellement ?

Réfléxions
La rencontre avec Dieu, c’est l’occasion, dans nos vies, de grands changements, qui sont liés à notre changement de nature / d’identité, c’est ce que Jésus compare ici à une nouvelle naissance.

Nous étions des humains « normaux », marqués par le péché, sans espérance, sans transcendance, égoïstes et voilà que nous devenons des chrétiens, au sein de qui habite Dieu lui-même, conduits par le Saint-Esprit vers les choses bonnes de Dieu et non plus les vilains désirs de notre humanité, dans l’espérance de la justice et du monde heureux que Dieu nous prépare, plein d’un amour surnaturel pour les autres. Et nos décisions, toujours plus guidées par Dieu, peuvent être difficile à suivre pour nos contemporains (« 8L’Esprit, comme le vent, souffle où il veut ; tu entends le bruit qu’il fait, mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va. ») : Pourquoi tu ne te venges pas ? Pourquoi tu te laisses rouler dessus ? Pourquoi tu n’en garde pas plus pour toi ? Pourquoi tu accumules si peu ? Pourquoi tu n’as pas peur ? etc. Nous devenons quelqu’un d’autre.

Mais ce changement n’est pas dû à notre travail, à nos efforts : c’est le don de Dieu. Les enfants choisissent peu de naître. Notre identité d’enfants de Dieu est donnée, elle est entièrement grâce. Nous ne pouvons pas nous en enorgueillir.

Romains 9:8 et 16 : « C’est-à-dire : ce ne sont pas les enfants nés conformément à l’ordre humain qui sont les enfants de Dieu ; seuls les enfants nés conformément à la promesse de Dieu sont considérés comme les vrais descendants. […] Cela ne dépend donc pas de la volonté de l’être humain ni de ses efforts, mais uniquement de Dieu qui a compassion. »

Cette nouvelle naissance est représentée dans notre baptême, notre réponse à l’appel de Dieu.

Semaine 2 : Être un enfant

Questions d’introduction
Racontez, en quelques mots, une belle chose de votre enfance.

Louange
Psaume 131

1Chant pour ceux qui montent à Jérusalem, de David.
Seigneur, je ne suis pas orgueilleux, mon regard ne manifeste pas d’ambition. Je ne recherche pas des choses trop grandes pour moi, ni trop extraordinaires.
2Au contraire, je reste calme et tranquille, comme un jeune enfant apaisé près de sa mère. Comme cet enfant, je suis apaisé.
3Israël, compte sur le Seigneur, dès maintenant et toujours !

Bible
Matthieu 18:1-5
1À ce moment, les disciples s’approchèrent de Jésus et lui demandèrent : « Qui est le plus grand dans le royaume des cieux ? » 2Jésus appela un enfant, le plaça au milieu d’eux 3et dit : « Je vous le déclare, c’est la vérité : si vous ne changez pas pour devenir comme des enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. 4Le plus grand dans le royaume des cieux est celui qui s’abaisse et devient comme cet enfant. 5Et celui qui reçoit un enfant comme celui-ci par amour pour moi, c’est moi qu’il reçoit. »

Questions
• Est-ce que vous aussi, vous avez envie de savoir qui est le plus grand dans le Royaume des cieux, dans l’Eglise ou autour de vous ?
• Comment la réponse de Jésus vous déplace ?
• En quoi pensez-vous que les enfants sont des exemples pour nous, chrétiens ?

Réflexions
Dans l’Eglise, nous sommes tentés d’établir des hiérarchies, de fabriquer des podiums, de nous comparer les uns aux autres, comme dans le monde. Face à ce désir, bien humain, Jésus oppose un refus net. Il nous montre un enfant comme un exemple. Pour être chrétien, il faut être comme un enfant, qu’est-ce que cela veut dire ?

D’abord, être un enfant, c’est mesurer sa dépendance. Les enfants savent qu’ils ont besoin des adultes. Les chrétiens doivent mesurer qu’ils ont besoin de Dieu. Pas de « self-made people » dans l’Eglise, nous sommes dépendants de la grâce de Dieu et co-dépendant les uns des autres. Être un enfant demande une grande confiance dans les parents ou les adultes dont on dépend. De la même façon, nous sommes encouragés à faire confiance à Dieu, plutôt qu’en nous même, qu’en nos biens, notre travail, etc.

Être un enfant, c’est vivre dans le quotidien. Si les Ecritures nous encouragent aussi à la sagesse et calculer les risques (« Si l’un de vous veut construire une tour, il s’assied d’abord pour calculer la dépense et voir s’il a assez d’argent pour achever le travail. » Luc 14:28), le Christ nous encourage surtout à se laisser conduire par lui au quotidien, sans se focaliser ni sur le passé (nostalgie) ni sur le futur (fuite en avant ou espoirs démesurés). C’est aujourd’hui, le jour du Salut et de l’intervention de Dieu.
Être un enfant, c’est accepter que beaucoup de choses nous échappent, qu’on ne peut pas tout contrôler, maitriser. Nous ne sommes pas des enfants-rois, nous sommes les enfants du Roi.

Enfin, être un enfant, c’est se laisser surprendre, accepter le mystère, l’inconnu, être prêt à découvrir, à apprendre du monde et des adultes.

L’encouragement à être un enfant ne doit cependant pas être une excuse pour ne pas réfléchir ou faire preuve de naïveté. 1Corinthiens 14:20 : « Frères et sœurs, ne raisonnez pas comme des enfants ; soyez des enfants par rapport au mal, mais soyez des adultes quant à la façon de raisonner. » (dans le contexte du parler en langues en Eglise)

Semaine 3 : Un enfant de Dieu

Question d’introduction
Citez chacun une ou deux qualités que vous tenez de vos parents ou de ceux qui vous ont éduqué.

Louange
Psaume 8
1Psaume de David, appartenant au répertoire du chef de chorale. Accompagnement sur la harpe de Gath.
2Ô Seigneur, notre maître, ta renommée est grande sur toute la terre ! Ta majesté surpasse la majesté des cieux.
3C’est la voix des petits enfants, des tout petits enfants, que tu opposes à tes adversaires. Elle est comme un rempart que tu dresses pour réduire au silence tes ennemis les plus acharnés.
4Quand je vois les cieux que tu as créés, la lune et les étoiles, que tu y as placées, 5je me demande : L’être humain a-t-il tant d’importance pour que tu penses à lui ? Mérite-t-il vraiment que tu t’occupes de lui ? 6Or tu l’as fait presque l’égal des anges, tu le couronnes de gloire et d’honneur. 7Tu le fais régner sur tout ce que tu as créé : tu as tout mis à ses pieds, 8les moutons, les chèvres et les bœufs, et même les bêtes sauvages, 9les oiseaux, les poissons, et tout ce qui va son chemin dans les mers.
10Ô Seigneur, notre maître, ta renommée est grande sur toute la terre !

Bible
Romains 8:12-17
12Ainsi donc, frères et sœurs, nous avons des obligations, mais non envers la faiblesse humaine pour vivre selon sa logique. 13Car si vous vivez selon cette logique, vous allez mourir. Mais si, par l’Esprit saint, vous faites mourir le comportement de votre être égoïste, vous vivrez. 14Toutes les personnes qui sont conduites par l’Esprit de Dieu sont enfants de Dieu. 15Car l’Esprit que vous avez reçu n’est pas un esprit qui vous rende esclaves et qui vous remplisse encore de peur ; mais c’est l’Esprit saint qui fait de vous des enfants de Dieu et qui nous permet de crier à Dieu : « Abba, Père ! » 16L’Esprit de Dieu atteste lui-même à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. 17Nous sommes ses enfants, donc nous sommes aussi ses héritiers ! Oui, héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ ! Car si nous souffrons avec lui, nous serons aussi avec lui dans sa gloire.

Questions
• Être, devenir enfant de Dieu, qu’est-ce que cela change en moi ?
• Être, devenir enfant de Dieu, qu’est-ce que cela change dans ma relation à Dieu ?
• Être, devenir enfant de Dieu, qu’est-ce que cela change à mes relations ?

Réflexions
Jean 1:10-13 : 10La Parole était dans le monde et le monde est venu à l’existence par elle, et pourtant le monde ne l’a pas reconnue. 11Elle est venue dans son propre pays, mais les siens ne l’ont pas accueillie. 12Cependant, à tous ceux qui l’ont reçue et qui croient en elle, elle a permis de devenir enfants de Dieu. 13Ils ne sont pas devenus enfants de Dieu par une naissance naturelle, par une volonté humaine ; c’est Dieu qui leur a donné une nouvelle vie.

     Ressembler à Dieu
Puisque nous sommes nés de Dieu, nous partageons en partie sa nature, nous sommes des êtres spirituels, comme lui, nous lui ressemblons. Disons que nous lui ressemblons de plus en plus. Être ses enfants nous donne la possibilité de mieux obéir à sa volonté pour nous.
1Jean 3.1,10 : 1Voyez à quel point le Père nous a aimés : nous sommes appelés enfants de Dieu, et nous le sommes réellement ! Si le monde ne nous connaît pas, c’est parce qu’il n’a pas connu Dieu. […] 10Voici ce qui distingue clairement les enfants de Dieu des enfants du diable : une personne qui ne fait pas ce qui est juste, ou qui n’aime pas son frère ou sa sœur, n’appartient pas à Dieu.

     S’adresser à Dieu comme à un Père
Nous sommes les enfants, adoptifs d’une certaine façon, de Dieu parce qu’il a choisi d’être pour nous un Père. Et nous pouvons nous adresser à lui avec respect mais aussi avec confiance : il nous aime comme un parent. Il veut notre bien, il veut prendre soin de nous, il veut que nous grandissions en sécurité.

     Être libre du regard et des attentes des autres
Être les enfants de Dieu nous sort des chaines de l’esclavage, nous voici enfants du Roi, nous ne sommes plus obligés d’obéir au péché, au monde, aux attentes des autres, à notre propre convoitise, … Nous pouvons tout remettre à Dieu et faire librement sa volonté. Nous sommes héritiers de Dieu avec Jésus le Christ : « Que peut ôter l’enfer, que peut donner la terre, À qui jouit du ciel et du Dieu trois fois Saint ? » (Adolphe Monod)

Description

Pour ce mois de janvier, nous nous proposons de réfléchir à la façon dont nous pouvons, à notre tour, (re) naitre comme un enfant de Dieu.

Détails