Jouer à cache-cache et faire les présentations

Je ne sais pas si vous vous souvenez qui a, pour la première fois, osé vous présenter Jésus, quel que soit l’âge auquel ces présentations ont été faites ? Moi non. Peut-être parce que je suis “tombée dedans” étant petite, élevée par des parents engagés dans l’Église ; ou peut-être parce que finalement tout le monde a oublié de faire ces présentations parce que cela allait tellement de soi que personne n’a pensé que cela en valait la peine ; ou encore parce que c’était une sorte d’invité permanent tellement important que pas un n’osait se risquer à poser des mots dessus de peur de l’enfermer. Quand j’y repense, j’ai le souvenir d’une sorte de mystère qui a éveillé ma curiosité : c’était le sujet évident mais dont personne ne parlait directement ! Cela a sans aucun doute éveillé en moi une soif de LE rencontrer qui est toujours vive aujourd’hui, comme si j’avais été invitée à entrer dans une partie de “cache-cache” que personne ne pouvait jouer à ma place. Et cela m’a en tout cas mise en route au point de faire de cette quête aussi mon métier, avec joie et enthousiasme depuis 30 ans déjà.

Aujourd’hui, et justement parce que c’est aussi mon quotidien que d’accompagner des personnes qui cherchent le Christ ou avancent en sa compagnie, je mesure combien cette question est à la fois simple et subtile. Simple, parce que je me rends bien compte que comme dans toute relation, cela facilite grandement le contact lorsque quelqu’un prend la peine de jouer les intermédiaires et de faire les présentations avec Jésus, la Bible, le vocabulaire chrétien… Il n’a pas d’autre bouche que la nôtre pour annoncer la Bonne Nouvelle du Salut, et cela passe forcément par nous, ce que nous reflétons de sa Parole et de sa Vie en abondance, et par nos choix de vie qui incarnent l’Evangile (ou tentent de le faire…). 
Et dans le même temps c’est effectivement subtil, car souvent à trop vouloir bien faire on peut aussi mal faire et asséner ce qui nous semble une vérité avec tellement de certitude que cela fait à l’autre l’effet d’une massue qu’il a envie de fuir… Tout en sachant que choisir de se taire ne résout nullement la question.


Mon expérience tend à me faire penser qu’entre ces deux écueils, trop ou pas assez parler, se tient l’espace pour l’action de l’Esprit Saint et le lieu de l’Église. L’Esprit Saint d’abord, parce que je crois que c’est Lui qui mieux que nous, sait quand il convient de se taire ou de parler. Il n’y a pas de “recette” qui serait efficace à 100 %, mais à chaque fois une rencontre, une écoute, le déploiement d’une attention à l’autre et à son chemin où nous découvrons avec l’autre la façon dont Dieu prend soin et libère. Et souvent le témoignage n’est pas à sens unique, on reçoit autant que l’on donne dans un accompagnement. C’est en faisant ce trajet ensemble que Dieu se donne à découvrir aux uns et aux autres, dans toute la richesse et la diversité des facettes de l’humanité qu’Il rejoint. Et c’est là aussi que nous découvrons avec humilité combien nous avons besoin de frères et sœurs différents de nous et complémentaires. 


Au fond, dans ce jeu de “cache-cache” qu’est la foi, nous jouons ensemble, chacun a sa place, uniques, et unis dans la même soif de Celui qui donne la Vie. Comme la pierre ne fait pas le mur seule, aucun de nous ne se suffit à lui-même et  c’est en étant une pierre vivante que nous sommes ensemble le corps du Christ qui se révèle. Chacun à sa place : certains ont la parole facile, d’autres sont plus dans l’action, qu’importe ! En ces temps où nos contemporains souvent cherchent Dieu et se sentent bien seuls, soyons des relais dans la chaîne des témoins : osons parler, inviter, accompagner. Au Marais il y a plusieurs occasions de faire les présentations : le parcours Alpha, la soirée 1PAS2+Nouveaux, l’engagement dans une miniglise, le service… “Viens et vois” dit l’Évangile à celui qui cherche. Osons être les relais de cette invitation à entrer dans une dimension agrandie de nos existences !

Anne Faisandier