Crainte de Dieu et sagesse pour les Hommes – septembre 2025
Table des matières
Introduction
Le thème de la crainte de Dieu est très fréquent dans les Ecritures.
Mais que signifie la crainte de Dieu ? Craindre Dieu, est-ce la même chose qu’en avoir peur ?
Outre qu’elle définit une des formes que peut prendre la relation des hommes avec Dieu, la crainte de Dieu est aussi présentée comme la source de la sagesse pour les hommes, et ce à plusieurs reprises dans le récit biblique.
La crainte de Dieu peut apporter la sagesse aux hommes… Mais de quelle sagesse s’agit-il ?
Ce mois-ci, les miniglises vont donc méditer et partager sur ces deux thèmes : crainte de Dieu, sagesse pour les hommes.
Semaine 1 : Crainte de Dieu
Question bête mais pas si bête
Pour vous, craindre ou avoir peur, cela signifie-t-il la même chose ?
Prière
Père,
Quand nous ne te connaissions pas, il nous est arrivé parfois de te regarder comme un Dieu menaçant et d’avoir peur de toi.
Mais, plus nous cheminons avec toi, plus notre relation avec toi devient proche, familière, plus nous découvrons l’infini de ton amour pour nous, tes enfants, et plus nous te craignons.
Te craindre, c’est connaître qui tu es, c’est reconnaître ton autorité sur nos vies, c’est aligner nos vies sur ton projet pour nous.
Amen.
Bible
Lire Exode 20:18-21 (Segond 21)
18 Tout le peuple entendait les coups de tonnerre et le son de la trompette et voyait les flammes de la montagne fumante. A ce spectacle, le peuple tremblait et se tenait à bonne distance.
19 Ils dirent à Moïse : «Parle-nous, toi, et nous écouterons ; mais que Dieu ne nous parle pas, sinon nous mourrions.»
20 Moïse dit au peuple : «N’ayez pas peur, car c’est pour vous mettre à l’épreuve que Dieu est venu et c’est pour que vous ayez sa crainte devant les yeux afin de ne pas pécher.»
21 Le peuple restait à bonne distance, mais Moïse s’approcha de la nuée où se trouvait Dieu.
Lire Luc 1:30 et Apocalypse 19:5 (Segond 21)
– L’ange lui dit : “N’aie pas peur, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu”.
– Une voix sortit du trône, et dit : “Louez notre Dieu, vous tous ses serviteurs, vous qui le craignez, petits et grands !”
Questions
Vous pouvez utiliser les questions suivantes pour entretenir et relancer la discussion sur le thème :
-1 Quand vous ouvrez votre Bible et que vous y trouvez l’expression “crainte de Dieu », cela vous pose-t-il problème ? La distinction entre crainte et peur reste-t-elle difficile pour vous ?
-2 Comme le peuple au pied du Sinaï ou comme Marie devant l’ange, vous arrive-t-il de recevoir un “N’ayez pas peur” de la part de Dieu ?
-3 Dans votre chemin de foi, quelle place la “crainte de Dieu » tient-elle ?
-4 Dans vos prières, qu’est-ce qui vous semble relever particulièrement de la “crainte de Dieu » ?
-5 Dans la Bible, pensez-vous à d’autres passages ou épisodes que les lectures proposées ici, où il est question de la “crainte de Dieu » ?
Précisions introductives
Avant d’entamer le partage entre les participants sur le thème de la crainte de Dieu à partir des extraits de textes proposés, il est conseillé de donner au groupe les précisions qui suivent.
En hébreu, langue du Premier Testament, le mot “yirah » (יִרְאָה) signifie à la fois “avoir peur » et “respecter ». Ainsi, au verset 20 d’Exode 20, le verbe apparaît deux fois : dans “n’ayez pas peur » et dans “craignez-le », c’est-à-dire “respectez-le ».
En grec, langue du Nouveau Testament, le mot “phobeo » (φοβέω) signifie à la fois “avoir peur » et “respecter ». Le verbe apparaît dans Luc 1:30 pour dire “n’aie pas peur » et dans Apocalypse 19:5 pour dire “craignez », c’est-à-dire “respectez ».
Dans la plupart des versions françaises de la Bible, le mot hébreu “yirah » et le mot grec “phobeo » sont traduits par “craindre », lorsqu’ils désignent la relation de respect des hommes envers Dieu.
Par conséquent, même si crainte est synonyme de peur dans la langue française courante, la “crainte de Dieu » n’est en rien synonyme de “peur de Dieu » dans le texte biblique !
Réfléxion
Le thème de la crainte de Dieu est très présent dans le Premier et dans le Nouveau Testament.
La crainte de Dieu nous est donnée comme un commandement en Deutéronome 6 :13 (repris par Jésus en Matthieu 4 :10 et en Luc 4 :8) : « C’est l’Eternel, ton Dieu, que tu craindras, c’est lui que tu serviras ».
La crainte de Dieu est vénération, elle prépare au service de Dieu.
En outre, la crainte de Dieu est, de façon générale, l’aboutissement d’un processus :
-d’abord, l’être humain est effrayé par l’irruption divine dans sa vie,
-ensuite, Dieu dit “N’aie pas peur” à l’être humain (ou le lui fait dire par la bouche d’un prophète ou d’un ange),
-enfin, l’être humain accède à la crainte de Dieu.
C’est ce qu’il se passe dans le texte d’Exode 20, qui se place juste après que Moïse a transmis les dix paroles (ou dix commandements) au peuple.
C’est ce qu’il se passe, dans Luc 1, lors de la rencontre de Marie avec l’ange, qui se conclut par le Magnificat (à partir du verset 46).
C’est également ce qu’il se passe dans plusieurs épisodes bibliques, par exemple, dans Matthieu 14, lorsque les disciples dans la barque voient Jésus marcher sur le lac.
Pour de nombreux croyants, le chemin de foi suit ce même processus : la peur de l’homme devant Dieu, puis le “N’aie pas peur” de Dieu à l’homme, et enfin la crainte de Dieu au cœur de l’homme.
Aboutissement d’un processus, la crainte de Dieu chez l’homme s’apparente à une reconnaissance : reconnaissance de la place de Dieu, de l’autorité de Dieu, de la souveraineté de Dieu.
Et, symétriquement, la crainte de Dieu est la reconnaissance de notre petitesse humaine devant la grandeur de Dieu.
La crainte de Dieu n’a donc rien d’une peur servile, elle traduit une profonde humilité et un immense respect filial devant la majesté divine. Elle comprend de l’admiration, une profonde révérence, de l’amour.
Elle comprend aussi le désir d’être agréable à Dieu, de lui plaire par nos pensées, nos paroles, nos actes, et par notre louange (voir Apocalypse 19:5). Et puis, la crainte de Dieu nous protège contre les peurs du monde qui sont le prélude à tous nos esclavages.
Enfin, la crainte de Dieu nous conduit à trouver la connaissance de Dieu (voir notamment Proverbes 2 :5).
Semaine 2 : Sagesse pour les Hommes
Question bête mais pas si bête
Quelles sont les expressions qui vous viennent en tête et qui incluent le mot “sagesse » ?
Prière
Père, Notre orgueil s’enfle souvent de notre prétendue sagesse… Mais, tu le sais, notre prétendue sagesse obéit surtout aux tentations du monde et aux faiblesses de notre humanité. Aide-nous, à trouver le chemin de la vraie sagesse, la tienne. Amen.
Bible
Lire Jacques 3:13-18 (Segond 21)
13 Lequel parmi vous est sage et intelligent ? Qu’il montre, par un bon comportement, ses œuvres empreintes de douceur et de sagesse.
14 Mais si vous avez dans votre cœur une jalousie amère et un esprit de rivalité, ne faites pas les fiers et ne mentez pas contre la vérité.
15 Une telle sagesse ne vient pas d’en haut, elle est au contraire terrestre, purement humaine, démoniaque.
16 En effet, là où il y a de la jalousie et un esprit de rivalité, il y a du désordre et toutes sortes de pratiques mauvaises.
17 La sagesse d’en haut est tout d’abord pure, ensuite porteuse de paix, douce, conciliante, pleine de compassion et de bons fruits, elle est sans parti pris et sans hypocrisie.
18 Le fruit de la justice est semé dans la paix par ceux qui travaillent à la paix.
Questions
Vous pouvez utiliser les questions suivantes pour entretenir et relancer la discussion sur le thème :
-1 La distinction entre les deux sagesses vous est-elle facile à entendre ?
-2 Selon vous, dans quels domaines les chrétiens vivent-ils majoritairement selon la sagesse de ce monde ?
-3 Selon vous, qu’est-ce qui empêche principalement les chrétiens de vivre selon la sagesse de Dieu (exemples : regard des autres, conformisme aux modes et au monde, recherche de la facilité…) ?
-4 Etes-vous sensibles au risque que la sagesse du monde fait courir à la vie d’Eglise ?
-5 En définitive, la sagesse divine vous paraît-elle atteignable pour le croyant ? Et si oui, comment ?
Réflexion
En semaine 1, on a montré que la crainte de Dieu n’a rien à voir avec la peur et qu’elle constitue une attitude cruciale dans le chemin de foi du croyant.
A plusieurs reprises dans le récit biblique, la crainte de Dieu est présentée comme le commencement de la sagesse (voir Job 28:28, Psaumes 111:10, Proverbes 9:10).
En cette semaine 2, on va s’interroger sur cette sagesse que l’on obtient lorsque l’on apprend à vivre dans la crainte de Dieu.
Dans le quotidien de nos vies, nous pouvons penser que nos actions sont justes et raisonnables, nous pouvons parfois même être fiers des brevets de sagesse que d’autres nous décernent.
Mais la Bible nous commande de sonder notre sagesse et d’en vérifier l’origine !
Dès le début de l’épître de Jacques, les choses sont claires, en ce qui concerne la source de la sagesse :
« Si l’un de vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans faire de reproche, et elle lui sera donnée » (1 :5).
La sagesse nous est donnée par Dieu… Mais il importe de distinguer entre la sagesse de Dieu et la sagesse du monde, entre la sagesse qui vient d’en haut et la sagesse qui vient d’en bas. Pour cela, les versets 13 à 18 du chapitre 3 sont comme un mode d’emploi.
Pour commencer, l’être humain qui prétend être sage doit montrer ses œuvres. A ce propos, une précision s’impose : les œuvres dont il est question ici doivent être comprises comme des preuves de foi, mais aucunement comme le préalable au salut.
« Ses œuvres doivent être empreintes de douceur et de sagesse » : la douceur qui s’allie à la sagesse, c’est l’humilité, la considération et l’attention à autrui.
« Mais si vous avez dans votre cœur une jalousie amère et un esprit de rivalité, ne faites pas les fiers et ne mentez pas contre la vérité » : la mise en garde est radicale et s’adresse à chaque croyant dans son chemin de foi, mais aussi aux croyants dans leur engagement en Eglise.
La jalousie et l’esprit de rivalité ne sont pas inspirées par Dieu, et mentir contre la vérité, ce serait mentir contre Christ, puisqu’il est « le chemin, la vérité, la vie » (Jean 14 :6).
« Une telle sagesse ne vient pas d’en haut, elle est au contraire terrestre, purement humaine, démoniaque » : cette prétendue sagesse qui vient d’en bas est démoniaque, autrement dit elle est gouvernée par le “prince de ce monde », c’est-à-dire par Satan.
« En effet, là où il y a de la jalousie et un esprit de rivalité, il y a du désordre et toutes sortes de pratiques mauvaises » : il faut se rappeler l’étymologie grecque du mot “diable » ; le “diabolos », c’est “le diviseur », celui qui met le désordre, l’injustice, la violence.
« La sagesse d’en haut est tout d’abord pure, ensuite porteuse de paix, douce, conciliante, pleine de compassion et de bons fruits, elle est sans parti pris et sans hypocrisie » : à l’opposé de la sagesse d’en bas, il y a la sagesse d’en haut.
Avant tout, la sagesse d’en haut est “pure », autrement dit, elle est en rupture avec les logiques du monde.
Ensuite, elle revêt une suite de qualités qui renvoient toutes à l’amour du prochain.
Les “bons fruits” que porte la sagesse d’en haut ne sont pas sans évoquer les neuf facettes du fruit de l’Esprit (Galates 5:22)…
« Le fruit de la justice est semé dans la paix par ceux qui travaillent à la paix ». Ce dernier verset nous livre la clef :
le but de la sagesse divine, c’est d’établir la justice et la paix dans le monde.
Quel défi pour les chrétiens et pour l’Eglise !
Description
Le thème de la crainte de Dieu est très fréquent dans les Ecritures. Mais que signifie la crainte de Dieu ? Craindre Dieu, est-ce la même chose qu’en avoir peur ?
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