Une pédagogie de l’espérance : les temps liturgiques
Grâce aux multiples calendriers qui fleurissent en ce moment, nous savons tous (même les non-chrétiens !) que nous sommes entrés dans le temps de l’Avent, qui précède Noël. Mais ce que nous savons peut-être moins, c’est que ce temps n’est que le premier d’une série qui rythme l’année pour les chrétiens depuis le IVème siècle. Par anti-catholicisme historique (et un peu primaire il faut bien l’admettre !) les protestants réformés et évangéliques ont perdu cette habitude, en particulier en France. Mais ce n’est pas gravé dans le marbre, et comme c’est une pédagogie de la foi cela vaut la peine de s’y intéresser.
Tout d’abord, la façon dont nous découpons notre temps dit ce qui règne dans nos vies : si nous mettons au centre le cycle du soleil et l’année commence le 1er janvier (depuis Jules César qui le décida en -46, imposé par le roi de France seulement depuis 1564 !). Si nous mettons au centre le cycle de la nature, alors sous nos latitudes l’année démarre en septembre, temps des récoltes qui permettent de semer à nouveau et sert de base au calendrier scolaire encore aujourd’hui. Mais les chrétiens, eux, se basent sur le Christ, et notre année commence avec l’attente de sa venue (Noël, fête de l’incarnation), se poursuit avec sa mort et sa résurrection (Pâques) et le don du Saint Esprit (Pentecôte). Rythmer ainsi notre temps dit que, année après année, nous attendons son retour dans l’espérance en nous souvenant de sa présence déjà manifestée dans l’Histoire et expérimentée dans la foi.
Cette pédagogie de la foi se manifeste entre autre par des couleurs qui rythment ces différents temps :
- Le violet, temps de l’attente, de la préparation et de l’intériorité, utilisé pendant l’Avent et les 40 jours qui précèdent la semaine sainte (temps du désert ou du carême)
- Le blanc ou le doré, évoque la Gloire divine et l’éclat de tout ce qui touche à Dieu. C’est la couleur de la résurrection, de la Transfiguration, de la Lumière. Il est utilisé pendant le temps de Noël (qui va de Noël au baptême de Jésus en passant par l’épiphanie) et celui de Pâques (entre Pâques et Pentecôte)
- Le rouge : symbolise l’Amour divin, la Vie offerte et l’Esprit Saint. Il évoque à la fois le sang de Jésus et le feu de l’Esprit-Saint. Il est utilisé du dimanche des Rameaux au Vendredi-Saint, et le jour de Pentecôte.
- Le vert : couleur de la terre abreuvée, de la vie, des premières feuilles du printemps… C’est la couleur du temps ordinaire, évoquant la croissance de l’Église, grâce à la sève venue de Dieu. Le vert est la couleur de l’Espérance, de la Création, de la Vie. Il est utilisé entre Pâques et Pentecôte, et entre le temps de Noël et celui du carême.
C’est une façon simple et pédagogique de se souvenir que nous vivons déjà sous le règne de Christ, attendant l’avènement de son Royaume. Alors… On s’y met, au Marais ?
Photo : Le chemin de l’Avent expliqué aux enfants lors du culte du 30 novembre.