Une rentrée les pieds dans l’eau
De la fournaise à l’eau vive, ne pas se consumer dès la rentrée
C’est la rentrée après la coupure de l’été. Mais qu’est-ce que cela signifie pour ceux et celles qui ne sont pas partis, et ne peuvent donc “rentrer” ? La “rentrée” peut être synonyme de nouveauté, ou au contraire de reprise d’une routine rassurante ou fatigante. En Église cela signifie se retrouver, accueillir de nouvelles personnes, et reprendre un rythme régulier pour les activités qui sont loin d’être toutes nouvelles.
Nous le savons aussi, la foi ne prend pas de vacances et n’a pas besoin d’un grand voyage pour nous déplacer. Pour beaucoup le rythme différent de l’été est aussi l’occasion de prendre du recul, de méditer et de prier, de lire, de revoir des frères et sœurs avec qui partager, de s’engager ailleurs… Autant de façons d’être ressourcé et de “rentrer” différent, même sans être parti.
En ce mois de septembre, nous nous retrouvons entre un été brûlant de canicules et de feux qui nous a tous touchés, et une année électorale qui commence déjà à faire chauffer les plateaux télé ou les discussions en famille ou entre amis. Mais dans la foi, nous n’avons envie d’être consumés ni par l’éco-anxiété ni par la colère ou l’impuissance politique. Notre espérance dessine un autre avenir que celui de la brûlure destructrice.
Voici alors que l’image qui anime notre vision pour l’Église “des fleuves d’eau vive jailliront de leurs cœurs” (Jean 7,38) prend un sens nouveau. Ici le Saint Esprit n’est pas associé au feu justement, mais à l’eau qui désaltère et rafraîchit. C’est là qu’il va falloir nous tenir pour résister au milieu de la fournaise comme les amis de Daniel (Dan 3). Résister à la parole disloquée qui ne sait plus qu’invectiver et divise, autant qu’au découragement qui immobilise. Résister à la tentation du déni ou du repli, de l’irresponsabilité lâche tout autant qu’à celle de la croisade. Résister à toutes les idoles du temps et à ceux qui nous manipulent en jouant sur nos peurs et nos déceptions.
Pour tenir sans nous consumer, nous ne pouvons que prier, nous abreuver à la parole de Dieu (Ps 1), et aimer notre prochain. Simple programme, mais qui pourtant est notre armure pour le combat à mener. En communion avec notre Seigneur, avec nos frères et sœurs et avec le monde, pour résister à la flamme de la violence qui dévore. Accueillir le quotidien de la vie fraternelle comme le cours d’une eau qui jour après jour nous vivifie, et nous laisser porter par les petits événements et les grandes fêtes comme autant d’occasions de boire à grandes gorgées. Vous découvrirez sur le site ce qui s’est préparé et vous pouvez télécharger ici le calendrier de l’année, qui est aussi disponible en papier à la sortie du temple. Vous y trouverez des habitudes et des nouveautés, des temps pour s’arrêter afin de ne pas être emportés par le flot, et d’autres pour apprendre à nager. Des retraites, des formations et des parcours, des cultes et des soirées de louange…
Depuis déjà plusieurs années, il se trouve que le temps de “la rentrée” est associé à un temps porté par tous les chrétiens comme étant celui de la création. Drôle de coïncidence, cette année le thème est “immersion dans l’eau vive” à partir de Ezéchiel 47, 9-12 et l’image des fleuves qui coulent du temple pour donner la vie, dans une préfiguration de la Jérusalem céleste du livre de l’Apocalypse. Je partage ici le logo de ce projet œcuménique qui entre si bien en écho cette année avec l’actualité de la paroisse du Marais et du monde qui est le nôtre !
Bonne “rentrée” à tous, dans la joie de nous retrouver
Anne Faisandier, pasteure