Emporté par la prière de Taizé

Du 28 décembre au 1er janvier dernier, se sont tenues les 48èmes Rencontres européennes de Taizé. Cette année, c’est Paris qui avait été choisi pour accueillir tous ces jeunes, plus de 15 000, venus de toute l’Europe. Quelle chance pour nous !

À cette occasion, de nombreuses paroisses, de toutes confessions chrétiennes, ont été sollicitées pour organiser accueil, ateliers, temps de prière, etc. pour les jeunes que ces paroisses recevaient. Pour notre quartier, deux paroisses se sont mobilisées, dans un très bel œcuménisme : celle de Notre-Dame d’Espérance, catholique, et notre paroisse, ici, au Marais.

Je fais mon malin, là, mais jusqu’à ce dimanche 28 décembre 2025, je ne connaissais absolument rien de Taizé, de cette communauté, de ces rencontres, des caractéristiques qui animent celles et ceux s’y retrouvent. Mais Anne et Olivier ont rappelé en décembre la tenue de ces rencontres européennes. Avec un premier temps important : une célébration œcuménique, à Notre Dame d’Espérance dès le dimanche soir. Je ne rendrai jamais assez grâce à Dieu de m’avoir inspiré d’y aller, piqué que je fus en tant qu’ancien catholique, et ravi de me retrouver à côté de ces jeunes, dans une unité chrétienne qui nous a fait tant de bien tout au long de ces belles journées !

Pour ces moments de prière, nous avons beaucoup chanté. Beaucoup ! Des livrets de chants nous ont été distribués ou nous pouvions les télécharger sur nos smartphones. Et 1ère surprise : des chants dans toutes les langues ! Même les moins parlées (nous ne sommes pas tous polyglottes). Caractéristique importante de ces différents chants : très courts, sur 2-3 vers, toujours des versets bibliques, qui sont alors répétés à l’envi, jusqu’à ce que la personne en charge de ces chants intervienne d’un Amen, ou sur le dernier vers, en le ralentissant, nous faisant comprendre qu’on allait s’arrêter. Un chant démarre dans une langue que tu ne connais pas ? Pas grave, écoute les autres, et reprend « en phonétique » avec eux au fur et à mesure que ce chant est répété. Et alors laisse toi emporter par cette louange qui devient commune, quelle que soit ta langue maternelle, celle-ci n’étant plus une barrière !

La langue n’est pas la seule barrière qui a été levée au cours des ces 5 jours. Levées, barrières géographiques ou politiques : quel bonheur de voir par exemple, prier ensemble  pour la Paix, des jeunes Russes et des jeunes Ukrainiens. Ensemble ! Levées les barrières religieuses : catholiques, orthodoxes et protestants, nous adorons tous le même Père, et remercions tous,  pour son sacrifice, son Fils Jésus, notre « Frère universel », comme l’a si joliment dit le Père Antoine, prêtre à Notre Dame d’Espérance.

Je n’avais prévu d’aller qu’à la 1ère prière matinale, le lundi 29 ; pratique : elle avait lieu au Temple. Mais j’eus très vite envie, besoin, d’aller aux autres de ces prières. La beauté intense de ces chants, l’incroyable puissance spirituelle de ces moments de prière partagée par tous ces jeunes. Comment démarrer mieux une journée que par un temps si fort ? D’autant qu’anecdotiquement, le fait de répéter de très nombreuses fois ces beaux chants, faisait que je les avais ensuite en tête toute la journée. C’est ainsi que « sans le vouloir », je me retrouvais à prier et à « louanger » notre Seigneur quasi en continu toute la journée !

Un peu plus qu’anecdotiquement, je veux parler de ces moments étonnants où il nous était proposé de dire le Notre Père à voix haute, chacun dans notre langue. Effet magnifique où on a l’impression d’une cacophonie, mais où nous proclamons tous la même chose ! J’ai d’ailleurs cru entendre quelques catholiques enchaîner avec nous notre « suite » du Notre Père, avec ce beau paragraphe du « Car c’est à toi qu’appartiennent… ».

Je voudrais aussi signaler le très enrichissant atelier organisé et animé au Temple par Anne et Olivier. Le sujet : Vous êtes le temple du Saint-Esprit.

Cet atelier nous a amené à deux trois reprises à échanger, par groupe de 3-4, sur ces belles notions : temple et Saint-Esprit. Encore de très jolis moments de partage…

Il y a eu jeudi 1er janvier matin une nouvelle célébration œcuménique, au Marais cette fois, avec la prière d’envoi de tous ces jeunes, pour un retour chez eux le meilleur possible.

La veille, c’est ensemble aussi que nous avons fêté le changement d’année, avec une prière pour la paix, de nouveau au marais, puis lors d’un Festival des Nations festif et très joyeux, à Notre Dame d’Espérance. Avec même une demande en mariage devant tout le monde ! Demande acceptée, d’ailleurs.

Mais avant ça, il y avait eu une ultime prière du soir, à Bercy, réunissant là tous les jeunes venus à Paris. Avec de nouveau ces chants, mais cette fois repris par un Bercy plein à craquer ! Quelle puissance, quelle émotion ! Émotion toute aussi forte pendant le court moment de prière intérieure où là, à l’inverse, cette salle plutôt connue pour ces concerts bruyants s’est retrouvée dans un silence total, extraordinaire pour un recueillement comme je n’avais vécu.

Grand moment de fierté pour notre communauté, à la fin de cet évènement très fort, lorsque pour la bénédiction finale, aux côtés du catholique archevêque de Paris, et du métropolite orthodoxe ukrainien, se trouvait, appelée à la rescousse, Anne, pour nous représenter, nous les protestants !

Les rituelles prières du matin pour démarrer la journée me manquent déjà, mais… Je me sens renforcé dans ma foi, de chrétien, plein d’espoir pour l’avenir grâce à ces jeunes admirables, revigoré par tous ces moments merveilleux, dans l’amour de Dieu, que nous avons tous ressenti si puissamment.

 

 

 

 

 

 

 

Jérôme Jacazio

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