Le péché ?

Que le monde n’aime pas ce mot “péché”, et nous non plus peut-être ! Il a tant été utilisé, usé, abusé et recouvert de tant de morale, qu’il en est devenu pour nos contemporains un mot repoussant et repoussoir. Sans doute les Églises et les chrétiens ont une grande part de responsabilité dans cet état de fait, mais cela vient aussi de son étymologie, le latin “peccatum” qui signifie “faire une faute” et a souvent pris une connotation morale. 

Et pourtant il recouvre une notion essentielle pour comprendre ce qu’est un être humain. Le péché est la transgression consciente de la loi de Dieu qui définit l’humain comme limité, et donc la volonté humaine de contredire cela en se croyant tout puissant et autonome. Parler d’une personne pécheresse c’est dire qu’elle ne peut se suffire à elle-même, que tout humain a besoin de Dieu pour trouver sa justification, un sens à sa vie.

Parler du péché et le reconnaître, pour les chrétiens, c’est aussi croire qu’il n’aura pas le dernier mot sur la vie. C’est affirmer que Dieu prend l’initiative de la réconciliation. Il révèle la profondeur du besoin humain et, en même temps, la profondeur plus grande encore de la grâce de Dieu, de son amour.

Dans la vie chrétienne cette compréhension se traduit par une dynamique qui commence par la reconnaissance de son péché, par la repentance, le retour sincère vers le Dieu de la vie et de la conviction profonde que dès lors le pardon de Dieu est assuré. 

Autrement dit, le péché est une question de vie ou de mort, et pas de bien ou de mal. Vivre séparé de Dieu, c’est choisir le côté de la mort, revenir à Dieu, c’est entrer dans le chemin de la vie. 

Pour aller plus loin, le texte de la parabole dite du fils prodigue (à lire Luc 15, 11-32 / à écouter Luc 11, 11-32) est très éclairant :
– c’est en se séparant du père (= de Dieu) que le jeune fils court à sa perte et n’a plus rien pour vivre,
– c’est en se retournant vers Dieu et reconnaissant qu’il a besoin de son père, qu’il peut revenir vers lui,
– et le fils n’a pas le temps de dire à son père ce qu’il veut lui dire, que ce dernier court déjà vers lui et le prend dans ses bras. Nous comprenons qu’il l’a déjà pardonné car : « mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé. » 

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