Lire la Bible, un défi

Chez les protestants que nous sommes, lire la Bible semble aller de soi… Et pourtant nous savons tous que cela n’est pas si simple, parce que c’est un livre aux multiples facettes, écrit sur une durée longue, dans des cultures éloignées des nôtres, et fourni sans mode d’emploi ! Avant de trouver son rythme, chacun a pu connaître le vertige de savoir comment organiser sa lecture, plonger parfois au risque de se noyer sans comprendre ou sentir petit à petit le texte s’ouvrir comme un fruit mûr et nourrissant.

Mais nous avons aussi fait l’expérience de ces phrases lues ou entendues qui nous rejoignent avec la pertinence de la flèche qui atteint son but. Lue et méditée dans la solitude ou discutée en assemblée, objet d’étude ou parole brute venant nous percuter, la Bible reste bien souvent une question plus qu’une réponse. Sans parler des tensions qui la traversent et que nous ne pouvons éviter : comment par exemple trancher entre l’ordre donné de lapider les femmes adultères dans le Deutéronome (22,21) et l’attitude de Jésus qui renvoie dos à dos l’accusée et les accusateurs (Jean 8) ?

La Bible nous donne des concepts et un langage commun pour rendre compte de notre foi et approcher Dieu, Père Fils et Esprit, sans jamais épuiser le sujet. Elle résiste en général aux interprétations rapides, et ouvre pourtant en même temps des perspectives lumineuses. La Bible n’est pas un livre, elle n’est pas non plus la parole de Dieu, car c’est le Christ qui est la parole que Dieu prononce dans le monde. Elle n’est pas un objet mais une expérience à vivre, un chemin à parcourir qui nous façonne autant que nous en sommes les acteurs. C’est ce que nous vivons dans les miniglises et le dimanche pendant les cultes, mais aussi dans des temps forts tels que celui qui sera proposé le 6 décembre. A l’heure des simplifications abusives instrumentalisées pour diviser et qui ne permettent pas de construire une pensée commune, il est urgent de résister. Et de lire la Bible. Ensemble.