MiniGospel et GospelAdos (video)

Encadrés professionnellement, des groupes d’enfants et d’adolescents sont retournés aux racines de la musique gospel: la liberté que seul Dieu peut nous donner. En plus de la vidéo explicative de l’activité, les enfants du MiniGospel ont participé au projet Noël, No hell.

Pour communiquer sur ces groupes, en plus des annonces faites au cultes, deux sites internet ont été créés: minigospel.fr et gospelados.fr.

Noël, no hell (clip)

Cette chanson vise à dire la véritable lumière de Noël, dans une période où les lumières artificielles peuvent nous éblouir et nous faire oublier le sens profond de cette fête: accueillir le « baby de Bethléem ». Elle accompagne le single d’évangélisation Noël, no hell, disponible en téléchargement mp3 ou version CD.

Déplacer les montagnes

Lectures bibliques
Esaïe 41:14-16 – Les montagnes tu les écraseras
Matthieu 17:19-21 – Montagne, transporte-toi d’ici à là
Matthieu 21:21-22 – Montagne, jette-toi dans la mer
1 Corinthiens 13:1-3 – Une foi à transporter des montagnes

Prédication
En entendant ces quatre textes, on croirait que la seule fonction de la montagne, c’est d’être rasée, mise en miettes, écrasé, ou déplacées. Il s’agit sûrement d’un fantasme de base dans toutes les civilisations : restructurer l’espace, manifester qu’on est forts parce qu’on a changé concrètement cette nature qui nous domine si souvent. Et même à l’ère où une armada de bulldozer peut déplacer une colline pour la construction d’une autoroute, nous restons avec ce rêve : que nous puissions laisser notre marque sur l’espace.
Ceci dit, ni Esaïe, ni Jésus, ni Paul n’avaient une vocation à travailler dans les travaux publics. En réalité, ils nous parlent de notre rapport à Dieu au travers de ces images. Comment, effectivement, pourrions-nous prétendre déplacer les montages tous seuls ? C’est Pharaon qui prétend construire des montagnes pyramidales. C’est pharaon et ses successeurs, qu’ils s’appellent Haussmann, Bouygues ou autres, qui rêvent de déplacer les collines par leur propre force. Mais Esaïe, Jésus et Paul essayent d’utiliser cette image pour nous dire que nous aussi nous pouvons déplacer des montagnes. A la différence des grandes entreprises du BTP, nous n’avons pas besoin de beaucoup d’argent, ni de beaucoup de force comme en avaient besoin les architectes de Ramsès II, mais nous avons seulement besoin de renouveler notre alliance avec le constructeur d’origine, celui qui a fait les plans et qui a réalisé cette construction incroyable qu’on appelle la nature. Bref, Jésus dit bien à deux reprises dans l’évangiles de Matthieu qu’avec un peu de foi, on peut entrer dans un registre de la puissance de Dieu qui nous associe à son pouvoir créateur. Dieu a créé les montagnes. Si nous nous mettons d’accord avec lui et qu’il donne son approbation, nous pouvons déplacer les montagnes. C’est le mandat de l’humanité que d’administrer la création. Non pas pour le plaisir de déplacer les montagnes, mais pour aménager un territoire et en faire une terre à vivre, une terre où il fait bon vivre.

Pour autant, comme nous l’avons déjà suggéré, il ne s’agit pas d’un traité de Travaux Publics, et c’est assurément à d’autres montagnes que le prophète, le Sauveur et l’apôtre font référence.
Les locutions françaises peuvent nous aider à comprendre cette réalité.
Ne dit-on pas dans notre langue : « Il s’en fait toute une montagne » ?
Dans cette expression, on évoque cette étrange capacité de l’être humain à mal évaluer les proportions. Quelque chose qui n’était pas si grand que cela à escalader devient un sommet alpin. Ne dit-on pas aussi « Se faire une montagne d’une taupinière » ? Le monticule de terre que soulève la taupe fait au maximum 20 cm et on le prendrait donc pour une colline de 200 mètres ou un pic de 2000 mètres ? Le ratio est de 1 pour 10.000 et 1 pour 100.000 ! L’expression nous dit qu’on peut confondre 20 cm et 2000 mètres, ce qui équivaut à confondre 20 euros et 2 millions d’euros. J’espère que ça ne vous arrive pas trop souvent quand vous rédigez un chèque.
Et pourtant, il nous arrive de nous faire une montagne d’une taupinière.
Il y a donc devant nous une grande diversité de montagnes à escalader. La vie est une marche, il faut assurément passer des cols et escalader des sommets. Mais bizarrement, les cimes les plus hautes dans notre tête ne sont pas forcément les plus hautes dans la réalité.
Prendre la parole en public va être pour beaucoup d’entre nous un sommet inatteignable ! Alors que ce n’est pas plus compliqué d’aligner quelques phrases devant 100 personnes que devant une.
Dire à quelqu’un qu’on l’aime pourra être pour nous un pic rocheux tout à fait inaccessible. Alors que c’est si bon pour l’autre d’entendre qu’il est aimé.

Que de taupinières qui deviennent des montagnes…

Finalement, nos problèmes sont parfois bizarrement évalués et bizarrement traités. Nous passons énormément de temps à solder des dossiers finalement très simples, et nous bâclons l’essentiel en ne voyant pas son importance. Bref, nous prenons cordes, mousquetons, et chaussures crantées pour escalader la taupinière et nous partons en tong sur l’Everest.
Une des capacités que Dieu veut restaurer en nous est de revenir à un peu de réalisme et de pragmatisme. Quand Jésus nous dit qu’avec un peu de foi on peut déplacer une montagne, il veut nous dire qu’il faut bien voir ce qu’il y a devant nous. Car il ne dit même pas qu’avec un peu de foi on pourra escalader les plus hauts sommets, mais bien qu’on déplacera la montagne. Ça c’est une solution à laquelle la plupart d’entre nous ne pense jamais. Quand vous avez une grosses montagne devant vous et que vous devez aller de l’autre côté, vous pensez à la contourner, à éviter le problème, à le fuir, à l’esquiver. Vous pensez, si vous êtes un peu plus courageux, à l’escalader. Mais Jésus propose une solution somme toute beaucoup plus simple : déplacer la montagne… Eh oui, il fallait y penser. Alors, nous nous quittons la corde, les mousquetons, et les chaussures crantées et nous allons chercher une pelle au fond du jardin. Mais ce qu’il faut prendre, c’est simplement un peu de foi. Car Jésus nous donne même la méthodologie pour déplacer la montagne. Il suffit de lui dire de se déplacer. « Au nom de Jésus, toi la montagne qui es ici, tu vas là-bas maintenant ! ».

Bien sûr, s’il y a des psychanalystes dans la salle, ils doivent être déjà par terre, ayant fait une crise cardiaque, voyant la folie de cette parole, voyant aussi peut-être le rêve de toute-puissance qui est caressé par celui qui désire déplacer la montagne par la parole. Mais pourtant, c’est bien ce que Jésus nous dit. Et il y a en a des montagnes auxquelles nous pouvons dire de se déplacer. Pour vous entrainer, je vous conseille de commencer par les montagnes dont vous aurez préalablement réalisé qu’elles étaient en réalité des taupinières. Regardez bien la montagne qui est devant vous, regardez-la bien dans les yeux — eh oui, la montagne a des yeux, tout comme elle a des oreilles pour vous entendre — et dites-lui de se déplacer. Et là, tout d’un coup le chemin est accessible…
Alors si vous avez un psychanalyste dans le coma à côté de vous, vous pouvez doucement le réanimer, car en réalité, il ne s’agit pas de désirer être tout-puissants, mais seulement réaliser très simplement, que par le Christ, par la puissance de son nom, nous sommes associé au pouvoir créateur de Dieu, qui consiste à nommer les choses, à poser un nom sur le réel, et à pouvoir prendre autorité sur lui. Nous ne croyons pas en notre puissance. Nous ne croyons même pas à la « puissance de la prière« , mais nous croyons en la puissance de Dieu, c’est pourquoi nous prions. Et les montagnes s’aplanissent.
Jésus, à la suite d’Esaïe, nous offre une solution pour régler la majeure partie de nos problèmes. Plutôt que d’aller devant Dieu en geignant et en lui disant : « Tu sais, Seigneur, j’ai de gros gros gros obstacles devant moi. J’ai de grands grands grands problèmes. », le mieux, c’est d’aller chercher un peu de courage et de force auprès de l’Eternel, de se laisser remplir du Saint-Esprit, et d’aller devant ses problèmes, et de leur dire : « Eh, mes problèmes, est-ce que vous réalisez que j’ai un grand grand grand Dieu ? Alors, vous dégagez ».

Voilà une bataille comme Jésus les menait. Plutôt que de dire à Dieu l’immensité de nos problèmes, dire à nos problèmes l’immensité de notre Dieu ! Renverser la tendance, inverser la vapeur, intervertir les rôles. Ce ne sont plus les événements qui décident de tout dans ma vie, mais c’est moi qui commence à imprégner les événements, sans croire que je les maîtrise totalement, mais en m’en saisissant, main dans la main avec mon Seigneur.
Voilà une façon de vivre. Il ne reste plus, après, qu’à entourer ça d’un immense amour pour que toute velléité de puissance ou de domination soit écrasée. Il ne reste plus qu’à écouter le conseil de Paul, et à lâcher prise, mais non plus devant les événements, mais lâcher prise devant celui qui veut écrire l’histoire avec nous, le Seigneur, et surtout, lâcher prise devant son incroyable amour pour nous en nous rappelant ceci : « Je peux avoir toute la foi, même jusqu’à transporter des montagnes, mais si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien ».

Que l’amour de Dieu structure ici même et dès aujourd’hui un peuple courageux, audacieux, et plein de foi.
Amen

Guérir de l'ingratitude

Prédication donnée au Temple du Marais le dimanche 13 juillet 2008

Texte biblique
Luc 17:11-19
11 Jésus marche vers Jérusalem. Il traverse la Samarie et la Galilée. 12 Il entre dans un village, et dix lépreux viennent à sa rencontre. 13 Ils restent assez loin de Jésus et ils se mettent à crier : « Jésus, maître, aie pitié de nous ! » 14 Jésus les voit et il leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres. » Pendant qu’ils y vont, ils sont guéris. 15 Quand l’un d’eux voit qu’il est guéri, il revient et, à pleine voix, il dit : « Gloire à Dieu ! » 16 Il se jette aux pieds de Jésus, le front contre le sol, et il le remercie. Cet homme est un Samaritain. 17 Alors Jésus dit : « Tous les dix ont été guéris. Et les neuf autres, où sont-ils ? 18 Parmi eux tous, personne n’est revenu pour dire “Gloire à Dieu” . Il n’y a que cet étranger ! » 19 Et Jésus dit au Samaritain : « Lève-toi, va, ta foi t’a sauvé. »

Prédication
Il y a dans ce texte trois verbes différents pour dire un même verbe en français : guérir. Mais tous parlent d’une facette particulière de la guérison : l’un parle plutôt de purification, quand le mal et la maladie sont nettoyés, brûlés. Le second parle de rétablissement, quand quelque chose est remis comme il faut. Le troisième parle de salut, quand on est sauvé d’un grand péril.

C’est comme si Luc, qui était médecin, et donc avait quelques idées bien précises sur la guérison, nous disait qu’il y avait trois étapes dans la guérison de ces dix lépreux qui sont venus vers Jésus.

Il y a d’abord une étape technique, avec diagnostic, thérapeutique, et contrôle de l’efficacité du traitement. A l’époque, pas d’antibiotique, ou, plus précisément aujourd’hui pour la lèpre, pas de polychimiothérapie, le traitement qui existe pour en venir à bout. En l’absence de moyens, Jésus guérit par la puissance du Saint-Esprit, mais il en fait une affaire médicale et juridique, car il appelle les dix lépreux à rejoindre les prêtres pour faire constater la guérison. C’est un peu, dans le contexte, comme quand on doit aller faire tous les trois mois des prises de sang après une maladie grave aujourd’hui, pour vérifier qu’il y a bien guérison. Les prêtres seuls étaient habilités à constater la guérison, à déclarer la personne à nouveau pure, alors que la lèpre était l’impureté par excellence. Cette première phase est celle qui est décrite par le verbe katharizo, guérir par purification.

La deuxième étape de la guérison, on la découvre avec le lépreux samaritain qui va comprendre qu’il s’est passé autre chose qu’une simple guérison fonctionnelle, une simple guérison du corps. Il va employer le verbe iaomai, qui veut dire être guéri, et se sentir raffermi, consolidé, solide. C’est plus qu’une simple guérison du corps. C’est tout son être qu’il découvre rééquilibré dans ce temps de convalescence. C’est la deuxième phase de la guérison, celle qui va susciter en lui beaucoup de joie. Il réalise que c’est un don de Dieu que d’être rétabli de cette façon-là. Ce n’est pas qu’un traitement efficace qui aurait opéré sur l’extérieur, sur sa peau et ses membres, sur sa maladie, sur son bacille, mais c’est une guérison intérieure. Il est guéri bien au-delà de sa maladie, dans son humanité. Il a retrouvé sa place dans la société. Cette deuxième phase de la guérison lui permet d’ailleurs de venir aux pieds de Jésus, alors que dans leur première rencontre, il avait obligation de se tenir à distance pour ne pas contaminer ses interlocuteurs. Il est rétabli dans une proximité, dans une vie sociale rendue à nouveau possible. Il pourra désormais aussi être un prochain. Jusqu’alors il n’était qu’un lointain. Et cet événement le remplit de joie, au point que son cœur déborde de reconnaissance. Il allait, louant et glorifiant Dieu à haute voix.

Les neuf autres aussi ont été guéris ; et pourtant, c’est comme si Jésus nous disait, par la plume de Luc, que leur guérison n’est que partielle, puisqu’ils n’ont pas su vivre les deux dernières phases de ce processus. Notamment, ils n’ont manifestement pas pris le temps de la reconnaissance, le temps de reconnaître ce qui se passe, et grâce à qui tout cela a eu lieu. Ils sont finalement assez ingrats car leur cœur est satisfait de ce qui vient de se passer, mais pas au point de remercier celui qui en est à l’origine. Il manquera toujours quelque chose à cette guérison.
La joie du lépreux samaritain, qui revient pour remercier, va le conduire dans la troisième et dernière phase de sa propre guérison. Jésus va lui dire que sa foi l’a guéri, avec ce verbe qu’on traduit plutôt par sauver, sozo. « Lève-toi, va ; ta foi t’a sauvé ». Il s’agit donc non seulement d’une guérison de son corps, puis de sa personne, mais maintenant de son histoire, de sa Vie avec un grand V, de son être le plus profond. Et c’est bien l’action de grâces qui libère cette dernière étape du processus de guérison.

Dans bien des étapes de l’existence, dans bien des difficultés surmontées et des épreuves traversées, nous oublions l’ultime phase de notre guérison intérieure, qui est celle de l’action de grâces, qui est pourtant la clé de tout aboutissement en matière spirituelle. « Rendez grâces en toutes choses, car c’est à votre égard la volonté de Dieu en Jésus-Christ » disait Paul au Thessaloniciens (1Thess 5:18). Nos remerciements sont le gage de notre salut. Notre joie qui monte vers Dieu est une assurance de notre salut déjà obtenu pour nous par le Christ. Jésus, en effet, ne dit pas au lépreux que sa foi va le sauver, ou qu’elle le sauve désormais, mais qu’elle l’a déjà sauvé. A partir du moment où vous avez cru et où vous avez remercié Dieu, vous avez déjà été sauvé, guéri du péché, qui est la pire de toutes les lèpres.
A l’heure où la bonne santé est presque devenue une idolâtrie collective, à l’heure de la survalorisation du corps, au jour des déficits fascinants de la Sécurité Sociale, et à l’époque de la surmédicalisation, douze petits versets venus du fond des âges viennent nous redire que la guérison est plus que la santé de notre organisme.
Dans une époque où la reconnaissance n’est pas très à la mode, à l’heure où les droits ont plus de poids que les devoirs, au jour où ceux qui devraient remercier ne viennent pas et celui qui est étranger, lui, vient, douze petits versets venus du fond des âges viennent nous persuader que l’action de grâces est ce qu’il y a de plus précieux pour la guérison pleine et entière de nos vies personnelles comme de notre monde dans ce qu’il a de plus vaste.

De la purification à la consolidation et au salut, il y a un cheminement de vérité sur lequel nous sommes appelés, tous, à marcher, nous qui sommes des paralytiques de la louange, des atrophiés du remerciements, des handicapés de la gratitude.
Rendez-vous compte de tout ce que le Seigneur a fait pour vous. N’est-ce pas magnifique. Réalisez tout ce qui va bien, comparé à ce qui va mal, et qui pourtant attirer tellement notre attention, notre préoccupation. Dans votre corps, dans votre existence, faites la liste de tout ce qui fonctionne très bien, plutôt bien, et plutôt mal. Vous verrez la disproportion ! Il y a de quoi rendre gloire à Dieu. Que nous serions heureux si nos esprits se disciplinaient à refuser la tyrannie d’une aigreur d’estomac, l’envahissement d’une dent cariée, la dictature d’une déception sentimentale.
Oui, « Rendez grâces en toutes choses, car c’est à votre égard la volonté de Dieu en Jésus-Christ ». En remerciant Dieu, nous brandissons comme un trophée l’assurance de sa victoire, nous agitons la bannière de sa bénédiction sur nos existences, nous nous mettons à genoux devant celui qui a écrasé toutes nos lèpres. C’est ça qui guérit, c’est ça qui sauve, c’est ça qui fait vivre vraiment.
Amen

Son repos et Son joug

Prédication donnée à l’Eglise Réformée du Marais le dimanche 6 juillet 2008

Texte biblique
Matthieu 11:25-30

Prédication (d’après des idées et notes de M.-N. Thabut)
J’expérimente en ce moment combien il est important de retourner au texte biblique avec un regard neuf, sans penser qu’on connaît ce texte par cœur. Car c’est la musicalité du texte que nous connaissons par cœur et non pas son sens. C’est assurément pour cela que dans notre habitude du culte, nous prions avant de lire la bible, pour appeler le regard renouvelé du Saint-Esprit, qui peut convaincre nos cœurs et témoigner à notre intériorité de ce que Dieu veut nous dire.
Je pensais connaître ce passage d’autant plus que le verset « Venez à moi vous qui êtes fatigués et chargés » était écrit en quatre langue dans la première Eglise où j’ai servi, en Afrique de l’Est. Nous avions beaucoup réfléchi à cette dimension du repos que donne le Christ à ceux qui sont trop chargés.
Mais cette fois-ci j’ai été frappé par la fin du passage que je vous propose d’entendre dans trois versions différentes :
PDV 28 « Venez auprès de moi, vous tous qui portez des charges très lourdes et qui êtes fatigués, et moi je vous donnerai le repos. 29 Je ne cherche pas à vous dominer. Prenez donc, vous aussi, la charge que je vous propose, et devenez mes disciples. Ainsi, vous trouverez le repos pour vous-mêmes. 30 Oui, la charge que je mettrai sur vous est facile à porter, ce que je vous donne à porter est léger. »
TOB 28 « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous donnerai le repos. 29 Prenez sur vous mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes. 30 Oui, mon joug est facile à porter et mon fardeau léger. »
NBS 28 Venez à moi, vous tous qui peinez sous la charge ; moi, je vous donnerai le repos. 29 Prenez sur vous mon joug et laissez-vous instruire par moi, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. 30 Car mon joug est bon, et ma charge légère.
Jésus nous invite à prendre sur nous son joug.
Récemment, nous avions rappelé combien certains ont tendance à faire porter de lourdes charges sur les épaules des autres. C’est le cas de ces religieux qui mettent tellement Jésus en colère parce qu’ils « chargent » toujours leurs prochains de mille culpabilités et obligations qui leur rendent la vie invivable. Cela conduisait Jésus à rappeler au foules que : « Les maîtres de la loi et les Pharisiens sont chargés d’expliquer la loi de Moïse. Donc, vous devez leur obéir et vous devez faire tout ce qu’ils vous disent, mais n’agissez pas comme eux. En effet, ils ne font pas ce qu’ils disent. Ils rassemblent des charges très lourdes et ils les mettent sur les épaules des gens. Mais eux, ils refusent d’y toucher, même avec un seul doigt ! » (Mathieu 23:2-4).
C’est facile d’inquiéter les gens avec tout ce qu’ils ne font pas parfaitement. C’est facile de trouver toujours quelque chose qui ne va pas. Au nom du perfectionnisme, que d’élans ont été brisés par manque de reconnaissance et de gratitude. C’est tellement plus simple de rabaisser que d’élever, de faire mourir que de faire vivre…
Mais Jésus, lui nous invite finalement aussi à prendre un joug. Il nous met bien quelque chose sur les épaules ! Donc finalement, ce n’est pas de tout repos. Voyez le paradoxe qu’il veuille nous donner le repos et en même temps nous mettre un joug sur les épaules. Est-ce qu’il est vraiment celui qui conduit à la foi libre s’il nous met cette pièce de bois qu’on réserve aux esclaves, ou plus communément encore aux animaux de trait ?
En somme Jésus nous invite à changer de joug. Il n’est pas le vendeur d’un opium pour le peuple, il ne fait pas croire qu’il suffit de marcher à sa suite et qu’on n’a plus aucun problème. On a toujours des choses à porter, mais ça n’a pas le même poids. Auprès de lui on peut trouver le repos, et parce qu’on a trouvé ce repos, on peut reprendre une charge sans qu’elle soit harassante.
Beaucoup de gens présentent la foi comme ce qui va régler tous les problèmes. C’est un peu le piège quand on ne garde que la première partie du verset biblique. Qui d’entre vous se souvenait qu’après avoir appelé les chargés et fatigués pour qu’ils viennent trouver du repos, Jésus disait qu’il leur mettait sur les épaules un joug ?
L’enjeu est donc plutôt de savoir quel joug on porte.
Qui est le propriétaire de ce joug qu’on nous met sur les épaules ?
Quel est cette puissance qui nous fait porter ça ?
Tout le monde a un dieu. Même les athées ont un dieu. Et il est d’autant plus puissant qu’ils n’en connaissent pas le nom. Il a une telle emprise qu’il est invisible, toujours derrière eux, jamais à découvert. Voilà un joug lourd et injuste, qui leur a été mis sur les épaules sans qu’ils puissent voir celui qui le mettait sur eux. C’est le fardeau imposé par les kidnappeurs, les terroristes, les systèmes totalitaires.
Jésus, lui est franc. Il ne ment pas sur la marchandise. Il dit bien qu’il va nous donner un joug, mais que ce joug est léger. C’est-à-dire qu’il est portable. Vous êtes fort ? Vous aurez un joug un peu plus lourd vraisemblablement que votre voisin qui n’est pas fort.
Jésus substitue un joug léger à un joug écrasant.
A ceux qui veulent devenir chrétiens, je dis clairement : vous allez recevoir beaucoup de joie, beaucoup d’apaisement, et du repos. Mais sachez qu’à la mesure de tout ce que Dieu va vous donner, vous allez recevoir des responsabilités dans la foi. La responsabilité d’être un point de repère pour votre entourage. La responsabilité d’être une lumière pour le monde. La responsabilité du témoignage et de la prière, celle de l’intercession.
Ce sont de lourdes responsabilités, c’est vrai.
Alors est-ce que c’est un joug léger ? Peut-être pas.
En tout cas pas si on veut le porter tout seul.
Car c’est ce qui m’a marqué dans la lecture de ce passage aujourd’hui. Un joug est toujours un outil pour tirer ou porter quelque chose de très lourd, mais surtout, il n’est pas seulement un harnais individuel. Un joug est d’abord quelque chose qui nous relie à une autre personne, à un autre bovin si on est un bœuf, à un autre équidé si on est un cheval. Un joug est toujours à deux places.
C’est peut-être pour cela qu’on qualifie le mariage de joug, parfois. Mais il ne faut pas le prendre négativement. Cela veut dire qu’on va porter à deux ce qu’on portait autrefois tout seul dans son coin. C’est bien mieux, car dans les moments difficiles, il est vraisemblable que l’autre peut être en meilleure santé que nous, qu’il a plus de force et qu’il est capable de tirer bien plus. A deux, on porte bien plus que ce qu’on portait chacun pour soi.
Aussi, cela veut dire que, quand Jésus nous dit de prendre SON joug, c’est que nous allons porter nos responsabilités avec lui ! Et nous allons aussi assumer ses responsabilités collectivement. La foi et la condition de disciple qu’il nous demande d’embrasser, c’est donc, comme je le disais, à la fois un repos au sens où Jésus nous est attaché et nous lui sommes attachés, et qu’il nous aide à porter nos charges. Et en même temps, nous sommes conviés à porter avec lui les charges qui sont les siennes.
« Prenez sur vous mon joug », c’est donc porter une lourde poutre sur nos épaules, une sorte de croix où Jésus et nous-mêmes serions attachés au bois. Mais c’est surtout la capacité de démultiplier nos forces car nous ne serons pas tout seul à tout porter. Elles sont lourdes les responsabilités nouvelles du chrétien, mais tellement légères si elles sont portées véritablement en conjugant nos forces avec celles de Jésus. Le plus fort des deux donne le rythme et l’autre peut suivre, et devenir fort, tout en n’étant pas épuisé.
« Si quelqu’un te force à faire un kilomètre à pied, fais-en deux avec lui. » disait Jésus en Matthieu 5:41. La foi, c’est donc marcher non seulement dans les pas de Jésus, mais vraiment en étant attachés et solidaires de lui comme le sont les chevaux d’un attelage. C’est bien cette capacité à marcher avec un autre, que ce soit Jésus ou que ce soit le frère, en portant ensemble nos charges.
Ce que nous propose Jésus, c’est de porter en nous un bagage énorme qui est celui de la Bonne Nouvelle. C’est une connaissance énorme que de connaître tous les mystères du monde, c’est un savoir incroyable que de porter toutes les réalités et vérités que nous présentent les Ecritures bibliques, mais Jésus nous permet de porter tout cela avec lui. Parce qu’il est le Vivant, parce qu’il est présent par son Esprit-Saint, il nous permet d’être dépositaires de cette connaissance volumineuse, de porter des responsabilités énormes, non plus seulement parce qu’il nous les aura mises violemment sur les épaules, mais parce qu’il viendra les porter avec nous, d’un geste commun, avec un joug commun. Et son joug deviendra le nôtre. Et notre joug deviendra le sien.
« Empressons-nous donc d’entrer dans ce repos » Hébreux 4:11
Amen

Le moi et l’esprit – Francis Mouhot

Couverture livre le moi et l'esprit

 

 

 

 

 

 

 

Docteur en psychologie et psychologue, Francis Mouhot analyse dans ce livre les principales craintes que suscite la psychothérapie. Il organise sa réflexion autour de deux axes: une comparaison fine des différentes conceptions de l’homme chez Freud, Jung, Rogers, etc. d’une part, et l’analyse de la relation écoutant/écouté et des objectifs des entretiens thérapeutiques d’autre part. Il met en évidence des homologies entre anthropologie biblique et spirituelle. Enfin, l’auteur s’attache aux questions touchant le cadre, les méthodes et les limites de la thérapie.

Le moi et l’esprit est en vente sur différents sites, par exemple sur celui de la Procure, à partir de ce lien.

Série de prédications : Le Pardon

Pardonner
Pardonner n’est pas une option pour ceux qui déclarent suivre Jésus. En effet, le pardon est un des principaux piliers de la foi chrétienne, mais surtout un vrai chemin de vie qui libère, chez moi et chez l’autre, la capacité à devenir vraiment humain.
En trois prédications, voici un petit parcours, qui, sans être une méthodologie, peut quand même constituer une incitation à vivre vraiment, jusqu’au bout, le programme du Christ.

La correction fraternelle
Comment pardonner ?
Le non-pardon

Etre "croyant" ou écouter Dieu ?

Prédication donnée le 24 février 2008 au temple du Marais

Lectures
1 Samuel 3 et Jean 12:42-50

Prédication
J’ai toujours été fasciné par les gens qui se disent croyants et non pratiquants. On comprend bien qu’ils essayent d’exprimer qu’ils croient en quelque chose et que ce qui est proposé par les Eglises ne leur convient pas. Mais ultimement, c’est bizarre de pouvoir penser qu’on puisse ne pas pratiquer sa foi. Pour ma part je suis footballeur non pratiquant, ce qui signifie que je n’ai pas touché un ballon depuis 1997. Je suis aussi nudiste non pratiquant, c’est-à-dire que ma pratique est très personnelle et limitée au passage dans la salle de bains hier soir et ce matin. Je suis aussi dealer de haschich non pratiquant, c’est-à-dire qu’à chaque fois que j’ai du haschich dans les mains je le revends à d’autres… mais je n’ai jamais eu de haschich dans les mains, donc j’ai mes raisons pour ne pas pratiquer !

La cohérence entre les pensées, les paroles et les actes fait partie des signes d’un encrage dans une foi profonde. C’est en tout cas ce à quoi Jésus-Christ nous appelle. Et il ne se contente pas de nous demander de le faire, il le fait lui-même. « Tout ce que je dis je le dis comme le Père me l’a dit » (Jean 12:50).
Avec Héli et Samuel nous avons deux profils d’écoute du Seigneur qu’il est très important de décrypter.

Deux types d’écoute
Héli, tout d’abord, est prêtre. Cela veut dire qu’il a été institué, mis en place, pour administrer le culte au Seigneur, près de l’arche d’alliance. Il a donc une fonction de médiation. Un prêtre est plus proche de Dieu que les autres membres du peuple – en tout cas c’est la définition du dictionnaire – puisqu’un prêtre est chargé de faire le trait d’union entre Dieu et les humains. Et notre cher Héli est assez ambivalent. D’un côté il est fidèle puisqu’il sait au bout de quelques minutes que c’est bien Dieu qui est en train d’appeler Samuel. Mais paradoxalement, Héli lui-même est dans une situation un peu compliquée dans la mesure où le Seigneur l’a déjà averti de graves dysfonctionnements familiaux et qu’Héli n’a rien fait. Nous dirons donc qu’Héli a une écoute sélective. C’est le cas de tout le monde. On comprends souvent mieux les choses pour les autres et les situations qu’ils ont à vivre que pour les propres enjeux de nos existences. Héli est présenté dans tout le paradoxe de son état : il est fidèle au point de faire advenir le jeune Samuel à la vraie dimension de sa vocation de prophète, mais lui-même il n’obéit pas à Dieu. Et, inversement, quand Samuel lui révèle le véritable projet de Dieu, il se soumet par une parole qui dit que tout ce que le Seigneur a prévu de faire, il le fait, sans qu’on puisse vraiment y résister.
Ne sommes-nous pas tous des Héli, nous qui sommes tous ici une nation de prêtres, intermédiaires entre Dieu et l’humanité ? N’avons-nous pas une écoute sélective, et cette tendance à rester dans le va-et-vient entre l’obéissance et la désobéissance ? Héli comprend quand Dieu se met à parler aux autres, mais il n’entend pas quand il s’agit de lui-même. C’est difficile. Et qui sommes-nous pour nous placer en juges ?

Samuel « Dieu a entendu »
Maintenant, le cas de Samuel est presque plus intéressant encore. Il habite dans le temple avec le prêtre. Il est en apprentissage dans le temple. Cela veut dire qu’il est croyant, mais plus que croyant, tout son temps est consacré à l’administration des choses du Seigneur. Mais pourtant, vous l’aurez bien entendu, Samuel ne connaît pas Dieu. Rien de moins, non, vous avez bien compris, il est dit que Samuel ne connaît pas Dieu : « Samuel ne connaît pas encore le Seigneur car celui-ci ne lui a jamais parlé » (1 Samuel 3:7). On ne dit pas que c’est de la faute de Samuel s’il n’a pas une relation personnelle avec le Seigneur. On dit juste dans le texte que c’est Dieu qui ne lui a jamais parlé en direct. On ne dit pas que Samuel a eu une écoute sélective, ou bien qu’il n’essaye pas de bien faire. Non, il veut bien faire, car quand il entend la voix qui lui parle dans la nuit, il ne fait pas comme s’il n’avait pas entendu, il ne fait pas semblant de dormir, il va voir Héli à plusieurs reprises, croyant que c’est le prêtre lui-même qui l’a appelé. C’est bien Dieu qui n’a encore jamais parlé à Samuel.
En somme Samuel est en relation avec Héli, mais il n’est pas en relation avec Dieu. On pourrait dire qu’il est en relation avec Dieu dans la mesure où c’est justement la fonction du prêtre que de relier les humains et Dieu. Dans le cadre d’une religion qui a des prêtres, c’est juste. Mais c’est précisément ce que le Seigneur vient contester dans cette histoire, il désire être directement en relation avec Samuel. Et à ce titre Héli est un bon prêtre puisqu’il va mettre finalement Samuel en relation avec Dieu…
De la même façon, quand nous sommes en relation avec Jésus, qui est le Grand Prêtre, nous sommes en relation avec Dieu le Père. Il le dit de maintes façons dans l’évangile de Jean notamment.
Voyez la pointe du texte : ce n’est donc pas un sujet de culpabilité si nous ne sommes en relation à Dieu qu’à travers l’unique Grand Prêtre aujourd’hui, à savoir Jésus-Christ. Ce n’est pas un problème de n’être en relation avec le Père que par la parole du Fils.
En revanche, il nous faut être vraiment vraiment vraiment en relation avec Jésus-Christ. Et c’est là où les choses sont plus compliquées. Qui a vu Jésus a vu le Père. Avez-vous une relation fréquente et régulière avec Jésus-Christ, de la même nature que celle de Samuel avec Héli ?
Comprenez bien que ce texte nous dit qu’on peut fréquenter le temple très régulièrement, voire même être en formation biblique, voire être doté d’un ministère et ne pas connaître Dieu. Est-ce que Dieu te parle et est-ce que tu parles à Dieu ? Voilà la question.

Au-delà des culpabilités
Ce texte est formidable, car, comme j’ai essayé de le souligner, il ne fait pas de cette histoire un support pour la culpabilisation : « Oh, mais comment se fait-il que tu ne fasses pas ci, que tu ne vives pas ça, etc. ». C’est au contraire un texte qui cultive des paradoxes entre un prêtre maudit par Dieu, mais qui fait finalement pas si mal son boulot, et un prophète zélé qui n’a jamais entendu la voix de Dieu… Nous sommes certainement nous aussi dans les flots de ces paradoxes. L’enjeu n’est donc pas celui de répondre à des critères, mais d’être bien disposés, prêts à recevoir une parole de Dieu, disponibles pour que le Seigneur nous parle, prêts à nous lever la nuit si c’est le temps où Dieu veut travailler avec nous, prêts à écouter surtout : « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute ». A chacun se pose cette question : suis-je le serviteur de la Cause protestante ? suis-je le serviteur de l’association cultuelle Église Réformée du Marais ? suis-je le serviteur de la chrétienté confrontée à l’islam ? ou suis-je le serviteur du Dieu vivant, disponible à ses appels, plutôt que tendu dans une posture de combat comme si les arts martiaux étaient un modèle de spiritualité ?
Alors soyez croyants, pour être comme Samuel qui savait qu’il existait un Dieu mais pas plus. Mais Dieu n’a pas voulu faire des croyants, il a voulu faire des disciples à l’écoute de leur Maître Jésus-Christ. Il a voulu faire des prophètes qui prennent la parole pour changer le monde. Il a voulu faire des apôtres qui acceptent de lâcher prise pour devenir porteurs d’un message et fondateurs de communautés chrétiennes où resplendisses la gloire du Seigneur.
Oui, soyez croyants, mais soyez surtout des pratiquants de l’écoute de la voix de Dieu, des pratiquants de l’obéissance à la volonté de Dieu, des pratiquants de l’amour en action comme l’a fait Jésus, des pratiquants d’une logique de service qui n’a rien à voir avec les services du monde.

Nous prions…
…

Amen

Être fiable devant Dieu et les Hommes

Prédication donnée au Temple du Marais le dimanche 20 février 2008

Lire Esaïe 62:1-5
Par amour pour toi, Jérusalem, je ne me tairai pas.
Par amour pour toi, Sion, je ne resterai pas sans agir.
J’attends que ta libération paraisse comme la lumière du matin,
et que ton salut brille comme une lampe allumée.
Alors tous les peuples verront
que le Seigneur t’a sauvée,
et tous les rois verront ton honneur.
Alors tu recevras un nouveau nom,
que le Seigneur choisira.
Tu seras comme une couronne magnifique
dans la main du Seigneur,
un turban royal dans la main de ton Dieu.
On ne t’appellera plus
« celle qui est abandonnée »,
on ne dira plus de ton pays
« c’est un désert de tristesse ».
Au contraire, on t’appellera
« celle qui plaît au Seigneur »,
et on dira de ta terre
« la bien mariée ».
Oui, tu plairas vraiment au Seigneur,
et ta terre aura un mari.
Comme le fiancé se marie avec sa fiancée,
ainsi celui qui te reconstruit sera un mari pour toi.
Comme une fiancée fait la joie de son fiancé,
tu feras la joie de ton Dieu.

Prédication
Quand vous rentrez dans une voiture pour partir pour un voyage de plusieurs centaines de kilomètres, dans la mesure où tout va bien dans votre tête, vous ne vous demandez pas si le volant est bien accroché à la direction. Pourtant c’est vrai qu’un volant mal accroché, c’est somme toute assez dangereux.
Quand vous mangez un steack dans un restaurant de la place de la Bastille, normalement vous ne demandez pas à voir les certificats de traçabilité de la viande. Pourtant c’est vrai qu’une vache qui a brouté son herbe grasse au pied de la centrale de Tchernobyl ne produit pas une viande excellente pour la santé.
Quand vous postez des clefs pour les rendre à quelqu’un, vous ne vous demandez pas si le facteur a un gros casier judiciaire et s’il sera tenté d’ouvrir le paquet pour en faire un usage qui déplairait au destinataire du colis.

Vous voyez dans ces trois situations, le volant, le bifteck et la clé, que finalement, nous sommes obligés de faire confiance et que ce n’est normalement pas un effort que de faire confiance. Maintenant, si j’ai pris ces trois exemples, c’est en pensant à ce taxi
que j’avais pris au Yémen et dont le chauffeur s’amusait à décrocher le volant pour faire peur aux clients, c’est aussi en pensant à ce restaurant au Bénin où le poulet qu’on nous avait servir avait quand même d’étranges pattes de rat de rivière, ou encore à de nombreux déboires avec les services postaux, en Afrique ou en France. Si j’ai choisi ces trois situations c’est parce que j’aurais de bonne raison d’avoir perdu confiance avec les chauffeurs, les restaurateurs et les postiers. Et j’aurais pu rajouter les médecins, avec notamment ce fameux généraliste qui, l’année de mes 27 ans, m’a prescrit des antibiotiques en spécifiant sur l’ordonnance, grâce à son nouvel ordinateur, qu’il fallait que je prenne ces antibiotiques trois fois par jour, juste après le biberon…

Bref, il faut faire confiance, même si l’on a vécu des expériences dont l’ennemi du Christ aimerait bien qu’elles nous installent dans une sorte de paranoïa, un sentiment d’insécurité profonde.
Nous avons confiance dans ce qui nous paraît fiable.

Mais qu’est-ce que la fiabilité ?
Culturellement, parce que nous sommes dans une société technicienne, il nous semble que ce qui est fiable, c’est ce qui est technologique et scientifique. Or, on sait bien que ce qui caractérise l’ère de la technologie, c’est la panne. Dépanneur est LE métier d’avenir. Car plus il y a de technique et plus il y a de panne. Mais, pourtant, c’est vrai, les choses marchent bien en général quand elles sont quelque peu automatisées.
La technologie est la science nous rassurent. Les experts nous rassurent. Maintenant, vous ne pouvez plus avoir un avis sans que soit mobilisé un expert. Et on ne sait pas toujours ce qui fait l’expertise de l’expert, mais ça rassure qu’il y ait un expert. Ca va loin, jusque dans nos Eglises, car plutôt que de transmettre la foi comme ça s’est fait de générations en générations, aujourd’hui, il faut confier ses enfants à des experts de la foi, à des catéchismes, des instructions religieuses, des écoles du dimanche, etc. où des gens supposés savoir sont aussi supposés transmettre de façon fiable… une connaissance biblique, voire la foi elle-même. Voici un beau leurre.
Ce qui est fiable, c’est donc ce qui est technique, scientifique, accrédité par un expert. C’est aussi ce qui a un label. NF, iso 9002. Savez-vous que les agences d’accréditations se sentent aptes à tout accréditer. Si nous leur demandions une accréditation pour la prédication du dimanche d’une Église protestante, ils produiraient leurs grilles de méthodologies et nous diraient paisiblement si le culte est valable ou pas. Ce sont des experts, ils sont capables de tout labelliser. Mais seriez-vous plus avancés ?

Qu’est-ce qui est fiable ?
En réalité, je crois que ces conceptions techniciennes de la fiabilité sont erronées. Car pour l’humain, ce qui est fiable, c’est surtout la parole de l’autre. Une parole qui n’est pas mise en défaut. Une parole tenue, voilà la fiabilité profonde. Nous pouvons établir, tout seuls ou avec l’aide d’experts, des tas de grilles d’analyse de la fiabilité, il n’empêche que si quelqu’un que nous aimons nous dit : « C’est bon, tu peux y aller », là ça tient bien.
En hébreu, la fiabilité se dit d’un mot qui est de la même racine que le mot « Amen ». Et cette racine évoque la caravane de chameaux qu’on attache les uns aux autres pour pouvoir traverser en sécurité un désert. La fiabilité, c’est le lien qui unit le chamelier qui est à l’arrière de la caravane, avec le chamelier qui est devant la caravane. Et ce lien, c’est la confiance fondamentale que, quand il crie « Amen », cela veut dire qu’il a vérifié les cordages entre chaque chameau, que tout tient bien, qu’on peut y aller, que se mettre en marche n’est pas quelque chose de dangereux, et qu’on va y arriver.
La fiabilité n’est donc pas une question de technique, mais c’est une question de parole, à la base, humainement. Et cela vaut pour l’humanité entière.

Fiable pour Dieu
Mais maintenant, voyons quelle est la définition de la fiabilité selon Dieu, car là, vous allez voir, nous changeons de registre et de catégorie.
Avez-vous remarqué que « fiabilité » est un mot de la même famille que le mot « fiancé » ? Un fiancé, une fiancée, c’est celui à qui l’on a donné toute sa confiance par une parole. Quand on est fiancés, on est liés l’un à l’autre par de la parole et par rien d’autre, pas de contrat civil, pas d’acte notarié, rien de tout cela, et pourtant voilà quelque chose d’hyper solide. Qu’y a-t-il de plus fort dans une existence que l’expérience de confiance qui réside dans les fiançailles : ne tenir ferme par aucun autre artifice que par la seule parole échangée. Mais ce qui compte plus encore que cette confiance arrimée par de la parole, c’est surtout l’amour qui passe entre le fiancé et la fiancée. C’est dire que la parole peut structurer la fiabilité, mais que pour Dieu, en réalité, la fiabilité doit être du registre des fiançailles, d’une entente que l’amour motive.
C’est ainsi que Dieu a toujours voulu dans les Ecritures bibliques présenter son mode de relation à l’humain comme étant quelque chose de l’ordre des fiançailles. Dieu est un fiancé qui offre à sa belle, le croyant, le peuple, l’Église, un fiancé qui offre à sa belle les plus beaux cadeaux car il est fou d’amour pour elle. Toi, écoute la parole de ton fiancé :
« Tu es très belle, mon amie, et tu es parfaite.
Viens avec moi du Liban, ma fiancée, viens avec moi du Liban.
Descends des montagnes de l’Amana, du Senir et de l’Hermon.
Quitte ces abris des lions, ces montagnes à léopards.
Tu me fais perdre la tête, petite soeur, ma fiancée,
tu me fais perdre la tête par un seul de tes regards,
par une seule perle de tes colliers.
Comme elle est merveilleuse, ta tendresse, ma fiancée !
Elle est plus délicieuse que le vin !
L’odeur de tes parfums est plus agréable que tous les parfums précieux.
Ton baiser a la douceur du miel.
Du miel et du lait se cachent sous ta langue.
Tes vêtements ont l’odeur des forêts du Liban.
Tu es mon jardin privé, ma fiancée,
la source qui m’appartient, ma fontaine réservée.
Tu as la fraîcheur d’une plantation de paradis,
peuplée de grenadiers aux fruits délicieux.
Là poussent des plantes de bonne odeur: le henné et le nard,
le safran, le laurier et la cannelle, tous les arbres à encens,
la myrrhe et l’aloès avec les parfums les plus délicats. »

Fiabilité amoureuse
Voici en quoi réside donc la fiabilité de Dieu, c’est qu’il est fou d’amour pour son peuple et fou d’amour pour chacun.
Alors, vous vous en doutez, la question n’est pas de savoir si Dieu est fiable. Il l’est puisqu’il tient parole, lui, et que sa parole est portée par un amour infini.
La question c’est plutôt de savoir si nous-mêmes nous sommes dans le même registre de sentiment en retour.
Est-ce que Dieu peut compter sur notre parole ?
Est-ce que Dieu peut être assuré que nous sommes débordants d’amour à son égard ?
C’est évident que nous sommes moins fiables que Dieu, mais nous devons rentrer à son égard, plus profondément de jour en jour, dans cette relation de confiance par la parole et l’amour débordant.

Un choix, peut-être ?
Maintenant, si nous sommes cohérents, nous devons bien comprendre que cela ne peut pas être sans conséquence par rapport à nos relations avec les autres êtres humains. Car sinon, il suffirait d’être hors du monde, avec Dieu notre fiancé, pour filer le parfait amour, vivant heureux, vivant cachés.
Voilà l’ambition du Seigneur pour nous, que nous nous convertissions progressivement.
Puissions-nous passer d’une fiabilité technicienne à une fiabilité relationnelle.
Puissions-nous passer d’une confiance basique à une confiance profonde en la parole des autres.
Puissions-nous passer d’une confiance factuelle en la parole des autres, à une confiance débordante d’amour.
Car si nous choisissons le parti de la confiance, c’est bien parce que le Seigneur nous a habilités à vivre cela contre toute vraisemblance, contre tout bon sens, contre tout pragmatisme, qui nous pousseraient à être des gens prudents et méfiants.
Oui, qu’à l’égard des autres, nous puissions entrer dans une nouvelle dimension de confiance, qui soit de l’ordre des fiançailles plutôt que de l’ordre du certificat. Car si Dieu donne tout son amour à ces personnes que nous, nous avons tant de mal à aimer, ça veut dire que soit c’est nous qui nous trompons, soit c’est Dieu.
Alors, à votre avis, qui doit réévaluer sa position, Dieu ou nous ?
Amen